Accord de Paris, pouvoir atteindre les cibles de Harper

Accord de Paris, pouvoir atteindre les cibles de Harper

NEW YORK – Alors que le Canada s’apprête à signer l’accord de Paris sur les changements climatiques, Ottawa devrait commencer par se donner les moyens d’atteindre les cibles jugées peu ambitieuses de Stephen Harper, avant de s’engager à aller plus loin.

C’est l’avis du spécialiste Pierre-Olivier Pineau, selon qui le Canada est encore très loin de l’atteinte de l’objectif de réduction de 30 % des émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030, par rapport au niveau de 2005.

Il s’agit d’une cible établie par les conservateurs que le gouvernement Trudeau a présentée comme un «plancher» et non un plafond, lors de sa participation à la conférence de Paris en décembre dernier.

«La cible de M. Harper, elle est très bonne, parce que même M. Harper ne l’aurait pas atteinte. Alors, pour une fois, si on pouvait atteindre une cible, ce serait une bonne chose», a fait valoir le professeur à HEC Montréal et titulaire de la chaire de gestion du secteur de l’énergie.

«Une fois qu’on sera sur la voie d’atteindre les cibles planchers, on pourra reparler d’avoir des objectifs plus ambitieux, a dit l’expert. Mais la manière responsable de gouverner c’est de s’assurer qu’on atteigne nos cibles même si elles sont plus modestes.»

Apporter des changements

Ses propos font d’ailleurs écho à un rapport du directeur parlementaire du budget publié jeudi dans lequel Jean-Denis Fréchette signale que pour atteindre l’objectif établi par le gouvernement Harper, «des changements non négligeables devront être apportés».

M. Fréchette souligne que les mesures modérées mises en place par certaines provinces, dont l’Alberta, la Colombie-Britannique, le Québec et le Manitoba pour limiter les émissions «ne permettront probablement pas d’atteindre l’objectif à elles seules».

Si le premier ministre Justin Trudeau a tenu à se rendre au siège des Nations unies à New York, vendredi, pour signer l’accord de Paris, celui-ci devra être ratifié plus tard cette année avec l’appui des provinces.

«Nous avons le groupe de travail qui a été conçu par le premier ministre et les provinces, alors ça va se passer dans les six prochains mois et après cela on va être en mesure de ratifier», a indiqué la ministre fédérale de l’Environnement, Catherine McKenna.

Dans la bonne direction

Selon Patrick Bonin, porte-parole de Greepeace au Québec, l’accord de Paris «n’est pas une fin». «C’est une roue qui tourne dans la bonne direction, mais il va falloir que ça s’accélère et que ce soit encore plus ambitieux», a-t-il indiqué.

Selon le professeur Pineau, l’accord de Paris comporte des lacunes, dont celle de ne pas être contraignant comme l’était le protocole de Kyoto.

«C’est un succès parce qu’on s’entend sur les objectifs, mais c’est un échec parce qu’on ne s’entend pas sur la manière d’y arriver et on n’a pas établi de contraintes pour guider l’action des pays et des émetteurs», a-t-il déploré.

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