Affaire Jutra, la colère de Jean contre Lise Payette (vidéo)

Affaire Jutra, la colère de Jean contre Lise Payette (vidéo)

L’un des deux hommes qui ont dénoncé publiquement Claude Jutra pour des actes pédophiles commis à leur égard est en colère contre Lise Payette.

«Monsieur Yves Lever, le biographe de Claude Jutra, a refusé que je rédige un témoignage dans son livre, pour exprimer mon vécu. Madame Payette dit être outrée de ce qu’on allait faire à Claude Jutra, après tout ce qu’il a enduré. Ça fait 49 ans que j’ai commencé à vivre avec la confusion causée par les actes de pédophilie de Claude Jutra», écrit celui qui s’est fait connaître sous le prénom de «Jean», dans une lettre qu’il a fait parvenir à Denis Lévesque et que l’animateur a lue dans son émission vendredi soir, à LCN.

«Jean» s’est dit bouleversé par les propos tenus récemment par Mme Payette. Il commence sa lettre en se présentant comme une «victime de pédophilie de la part de Claude Jutra, de l’âge de 6 à 16 ans».

À la suite du scandale qui a ébranlé le Québec en février dernier, le gala annuel du cinéma québécois avait laissé tomber le nom «Jutra». La bombe avait éclaté avec la publication de la biographie d’Yves Lever sur Claude Jutra, laissant entendre que le cinéaste avait eu des visées pédophiles et des relations avec des enfants.

Devant les doutes soulevés par les révélations du livre, deux personnes ont brisé le silence, «Jean» et le scénariste Bernard Dansereau. Ce dernier a raconté dans un quotidien montréalais avoir été victime d’attouchements sexuels de la part de Claude Jutra.

De son côté, Lise Payette a pris la défense de son ami Claude Jutra dès le début de la controverse. L’ancienne animatrice de télévision et ministre péquiste est revenue à la charge la semaine dernière dans la foulée de la publication de son dernier livre, «Le sens du devoir». Elle a alors déclaré avoir «entendu parler d’un Jean, une personne qui n’a pas de nom de famille et qui ne se manifeste pas».

«Je n’y croyais pas! J’ai écrit une chronique ce jour-là parce que je ne croyais pas à cette histoire», poursuivait Mme Payette, dans lapresse.ca, le 1er septembre. «Je ne suis toujours pas convaincue que les personnes qui ont dit: «Moi, ça m’est arrivé»… que ce soit vrai», relate Lise Payette.

Pour sa part, «Jean» ajoute dans sa lettre qu’«une des graves conséquences de la pédophilie est que la grande majorité des victimes n’ont jamais la chance d’avoir justice. Il y a toujours quelqu’un pour défendre le coupable».

Maintenant dans la cinquantaine, «Jean» a suivi plusieurs thérapies, souligne son amie Louise Rinfret, qui a également collaboré avec Jutra vers la fin de sa vie. Mme Rinfret était dans le studio de Denis Lévesque pour partager son expérience personnelle.

«Il y a des moments que je ne peux prévoir où je casse en sanglots incontrôlables, où une colère submerge ma raison et mes pensées, où je me sens complètement seul et brisé à l’intérieur, alors dans une difficulté à respirer; bref, oppressé par les dizaines de séquelles des osties d’abus que j’ai subis», conclut «Jean».<

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