Aide médicale à mourir, Barrette fâché contre le CUSM

Aide médicale à mourir, Barrette fâché contre le CUSM

Régys Caron
29-06-2016 | 12h53

Dernière mise à jour: 29-06-2016 | 14h58

QUÉBEC – Le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, ordonne au Centre universitaire de santé McGill (CUSM) de respecter la loi sur l’aide médicale à mourir.

Dans une lettre qu’il a remise au patron du CUSM, Normand Rinfret, mercredi, M. Barrette signale que l’institution montréalaise ne respecte pas la Loi concernant les soins de fin de vie (LCSFV). Le ministre reproche notamment à l’hôpital d’exclure, «sauf circonstances exceptionnelles», l’aide médicale à mourir (AMM) de l’unité des soins palliatifs.

« Prévoir d’emblée que l’aide médicale à mourir ne pourra pas être fournie dans une unité particulière (l’unité des soins palliatifs) qui, par définition, accueille le plus de personnes en fin de vie, me semble poser de sérieux problèmes quant au respect du droit que la LCSFV accorde à chaque personne en fin de vie de recevoir des soins», a écrit le ministre.

Une autre disposition adoptée par le CUSM irrite particulièrement le ministre Barrette. Il s’agit d’une condition spécifique imposant aux demandeurs d’avoir été admis dans les 18 mois précédant la demande pour avoir accès à l’AMM.

«Pour moi c’est carrément contre la loi, c’est de la provocation», a martelé M. Barrette à son arrivée au Conseil des ministres.

«On est dans de l’obstruction philosophique de médecins qui ont choisi d’entamer avec l’administration des procédures pour avoir gain de cause […] Je me revois dans ce milieu-là. Je vois un groupe de médecins opposés à l’aide médicale à mourir être allés faire pression sur l’administration et gagner leur point. C’est presque enfantin, c’est pour avoir le dernier mot», a accusé M. Barrette.

Le ministre demande au PDG du CUSM d’inviter le conseil d’administration à «revoir sa politique relative aux soins de fin de vie pour s’assurer qu’elles respectent l’esprit de la LCSFV».

Les médecins opposés à l’aide médicale à mourir peuvent exercer leur objection de conscience. Il s’agit d’un droit personnel et non institutionnel, signale le ministre dans sa missive.

«L’exercice de ce droit ne donne d’aucune manière la liberté aux établissements de déterminer qu’un département au complet n’offre pas un soin que la loi l’oblige à dispenser», a-t-il dit.

Des résistances à la LCSFV sont aussi apparues au Centre hospitalier de l’Université de Montréal (CHUM), rapportait Le Devoir cette semaine. Gaétan Barrette a réclamé que les demandes d’AMM ne passent plus exclusivement par des médecins, mais plutôt par le reste du personnel soignant.

Les centaines de lits fermés dans les hôpitaux du Québec cet été n’indisposent pas le ministre de la Santé outre mesure.

La manchette du Journal de Québec de lundi indiquant que plus de 900 lits seront fermés dans les hôpitaux cet été a semblé irriter le ministre.

«Vous me posez une question qui est assez surprenante […] Trouvez-moi l’année, depuis que les hôpitaux existent au Québec, où on n’a pas eu des lits fermés. On traite ça comme si c’était une nouvelle, ce n’est pas une nouvelle», a plaidé Gaétan Barrette, mercredi, à son arrivée au Conseil des ministres.

De l’avis de M. Barrette, il n’est pas possible d’utiliser les hôpitaux québécois à leur pleine capacité 12 mois par année.

«Si on avait la capacité, avec le personnel de le faire, on le ferait. On n’a pas la capacité de le faire […] C’est une question de vacances. En France, tout arrête pendant le mois d’août. Est-ce qu’on va dire au personnel vous ne prendrez pas de vacances pour que les hôpitaux fonctionnent. On n’a pas le choix d’avoir des périodes de ralentissement», a plaidé le ministre.

Au total, 950 lits seront fermés cet été dans 50 hôpitaux, alors que plus de 20 000 Québécois sont en attente d’une chirurgie depuis au-delà de six mois.

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