Aide médicale à mourir, Barrette ramène le CUSM à l’ordre

Aide médicale à mourir, Barrette ramène le CUSM à l'ordre

Le ministre de la Santé Gaétan Barrette ordonne au Centre universitaire de santé McGill (CUSM) de respecter la Loi concernant l’aide médicale à mourir.

Dans une lettre qu’il a remise, ce matin, au patron du CUSM Normand Rinfret, Gaétan Barrette signale que l’institution montréalaise ne respecte pas la Loi concernant les soins de fin de vie (LCSFV). Le ministre reproche notamment à l’hôpital d’exclure «sauf circonstances exceptionnelles» l’aide médicale à mourir (AMM) de l’Unité des soins palliatifs.

«Prévoir d’emblée que l’aide médicale à mourir ne pourra pas être fournie dans une unité particulière – (l’unité des soins palliatifs) qui par définition accueille le plus de personnes en fin de vie – me semble poser de sérieux problèmes quant au respect du droit que la LCSFV accorde à chaque personne en fin de vie de recevoir des soins», écrit le ministre.

Une autre disposition adoptée par le CUSM irrite particulièrement le ministre Barrette. Il s’agit d’une condition spécifique, imposant aux demandeurs d’avoir été admis dans les 18 mois précédant la demande pour avoir accès à l’AMM. «Pour moi c’est carrément contre la loi, c’est de la provocation», a martelé le ministre à son arrivée au conseil des ministres.

«On est dans de l’obstruction philosophique de médecins qui ont choisi d’entamer avec l’administration des procédures pour avoir gain de cause (…) Je me revois dans ce milieu-là. Je vois un groupe de médecins opposés à l’aide médicale à mourir être allés faire pression sur l’administration et gagner leur point. C’est presque enfantin, c’est pour avoir le dernier mot», a accusé M. Barrette.

Le ministre demande au pdg du CUSM d’inviter le conseil d’administration à «revoir sa politique relative aux soins de fin de vie pour s’assurer qu’elles respectent l’esprit de la LCSFV».

Les médecins opposés à l’aide médicale à mourir peuvent exercer leur objection de conscience. Il s’agit d’un droit personnel et non institutionnel, signale le ministre dans sa missive. «L’exercice de ce droit ne donne d’aucune manière la liberté aux établissements de déterminer qu’un département au complet n’offre pas un soin que la loi l’oblige à dispenser.»

Des résistances à la LCSFV sont aussi apparues au Centre hospitalier de l’Université de Montréal (CHUM), rapportait Le Devoir cette semaine. Gaétan Barrette a réclamé que les demandes d’AMM ne passent plus exclusivement par des médecins, mais plutôt par le reste du personnel soignant.

Étiquettes : , , , ,

Laisser un commentaire