Alain Perreault replonge au c’ur de Mr. Big

Alain Perreault replonge au c'ur de Mr. Big

«C’était le monde idéal pour moi», plaide Alain Perreault lorsqu’il repense à ses débuts dans l’organisation criminelle fictive, aux côtés de ses «amis». Ces derniers étaient plutôt des agents doubles employés dans le cadre de l’opération Mr. Big qui le visait.

La défense a poursuivi sa preuve vendredi matin au procès d’Alain Perreault, accusé d’avoir assassiné Lyne Massicotte, 43 ans, de Chambly, le 17 juillet 2003.

L’individu de 54 ans, qui avait brièvement entamé son témoignage la veille, a passé en revue les différentes mises en scène effectuées par des agents doubles, entre le 30 septembre 2009 et le 13 janvier 2010.

Motivation: l’argent

Sur l’aide sociale, Alain Perreault affirme que c’est tout d’abord l’argent qui l’a motivé à se joindre à cette «entreprise». Lors de sa première rencontre supposément fortuite avec l’agent double Steve, le 30 septembre 2009, il avait reçu 250 $ pour aider l’homme, qui lui était jusque là inconnu.

«Ça faisait quand même un bon motton pour moi, a lancé le témoin, affirmant vivre alors avec quelque 800 $ par mois. Disons que j’étais assez pauvre.» Il affirme avoir été payé à 39 des 41 scénarios montés dans cette affaire. La paie est plus élevée lorsqu’il se lance dans les activités illégales de l’entreprise, qui se présentent en cours de route.

Avantages

Ses nouveaux collègues le font travailler, le rémunèrent bien et défraient la majorité de ses repas et autres avantages. «Quelqu’un payait pour moi», commente-t-il, trouvant la situation «plaisante». À une occasion, son supérieur immédiat «Jimmy» qui passera le plus de temps avec lui durant l’opération l’emmène aux danseuses après une journée de travail.

«Ça faisait 15 ans que j’étais pas allé aux danseuses», se souvient le témoin. Alors qu’il sort des toilettes, à sa grande surprise, une danseuse l’aborde et l’amène dans l’isoloir. Une première pour lui. «Ah cibole! C’était plaisant, mais c’était gênant», commente-t-il.

Au fil de son implication, Alain Perreault comprend qu’il existe un patron, qui chapeaute la fausse organisation criminelle, sans plus. «Je sais qu’il est plus haut que nous autres», résume-t-il.

Enquête

En début de témoignage, l’accusé a affirmé avoir été visité à différentes reprises par les policiers, dans les jours suivant sa rencontre avec Lyne Massicotte. Les rencontres étaient «cordiales», même lorsque des enquêteurs auraient demandé à le voir nu, pour s’assurer qu’il n’avait pas de marques sur son corps, ou lorsqu’ils ont fouillé son appartement. Il affirme être passé de «témoin» à «suspect en chef» aux yeux des autorités.

Lors de ces rencontres, il affirme avoir appris des policiers où la voiture de Lyne Massicotte avait été retrouvée, dans le Vieux-Québec, et que le véhicule avait été laissé avec les portes déverrouillées.

Délibérations

Le témoignage d’Alain Perreault se poursuit. Notons que le juge a laissé savoir en début de journée que la preuve dans cette affaire risquait d’être complétée lundi prochain. Après quoi le magistrat donnera ses directives aux jurés, qui devraient entamer leurs délibérations dès le lendemain afin d’en venir à un verdict unanime.

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