Angkor, de vastes cités perdues découvertes

Angkor, de vastes cités perdues découvertes

Des mystères d’Angkor sont encore révélés. La gigantesque cité dont les monuments sont devenus la principale attraction touristique au Cambodge, cachait sous la végétation d’autres traces de sa splendeur aujourd’hui disparue. Des archéologues ont réussi à rendre les visibles.

Les scientifiques du projet CALI viennent de partager leurs remarquables découvertes dans la revue Journal of Archaelogical Science. S’ils suspectaient depuis quelques années qu’Angkor cachait de véritables «cités perdues», ces dernières n’avaient encore jamais pu être observées, encore moins sur des «photographies».

Pour pouvoir observer les paysages enfouis sous la végétation dense du Cambodge, les archéologues ont eu recours à des technologies de pointe, en particulier un laser lidar. Fixé sur un avion qui parcourt la forêt tropicale et équipé d’un télédétecteur laser à balayage, le dispositif permet de scanner la surface du sol.

À un intervalle de quelques secondes, le laser envoie des millions d’impulsions lumineuses. Ces dernières sont alors réfléchies par la végétation ou le sol et enregistrées par le détecteur placé sur l’avion. Une partie des rayons évite toutefois la végétation ce qui permet aux scientifiques de connaître la topographie de la région.

Grâce à des mesures réalisées en avril et en mai 2015, lorsque la végétation était la moins dense, les archéologues ont pu analyser les données et voir apparaître des structures sous la canopée. Au total, l’étude a été menée sur une étendue de quelque 2000 kilomètres carrés et a révélé de nombreuses structures.

«Nous avons trouvé un nombre impressionnant de nouveaux temples, d’anciens barrages, d’étangs, de carrières et d’autres preuves de l’expansion d’Angkor», a expliqué Damian Evans, qui a dirigé les travaux. Autant de vestiges dont l’âge varie de 900 à 1400 ans et dont la taille rivaliserait pour certains avec la capitale du pays, Phnom Penh.

«Nous avons des cités entières découvertes sous la forêt dont personne ne connaissait l’existence à Preah Khan de Kompong Svay et il s’avère que nous n’avons découvert qu’une partie de Mahendraparvata à Phnom Kulen [au cours d’une étude faite en 2012]… Cette fois-ci, nous avons tout obtenu et c’est très grand», a ajouté Damian Evans, dont les propos ont été repris par The Guardian.

Les résultats de l’étude portant notamment sur le système hydraulique vont permettre d’en apprendre davantage sur la façon dont l’empire Khmer s’est développé et a dominé la région jusqu’au 15e siècle. Ils pourraient également aider à comprendre comment et pourquoi un empire aussi développé qu’Angkor a pu décliner au point de disparaître.

«Notre étude des capitales post-Angkor fournit également de nouveaux aperçus fascinants sur l’effondrement d’Angkor, a commenté Evans. Une théorie suggère que lors de l’invasion par les Thaïs, tout le monde a fui vers le sud – ce n’est pas arrivé parce qu’il n’y avait pas de cité [révélée par l’étude aérienne] où fuir». De quoi remettre en question nos connaissances…

Le projet présenté à  Londres n’est cependant pas terminé. En effet, les études vont continuer jusqu’en 2020. Les projets bientôt lancés incluront ainsi des vérifications sur le terrain de ces sites ainsi que l’étude d’autres emplacements désormais recouverts par les infrastructures contemporaines.

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