Après Harper

Après Harper

Les conservateurs choisissent un nouveau chef aujourd’hui. Sa tâche ne sera pas facile, connaissant les sondages extrêmement favorables à Justin Trudeau. Le nouveau chef élu partira de loin. Avantage: il aura moins de pression.

Premier constat décevant pour le Parti conservateur. La course à la direction n’aura pas fourni l’élan espéré. Ce genre de course offre généralement à un parti une période d’effervescence et quelques semaines de forte visibilité médiatique. Cela ne s’est pas produit.

Toute la semaine, en anticipant le choix du successeur de Stephen Harper, j’ai été frappé par le peu de place que cette fin de campagne prenait dans les journaux d’un océan à l’autre. Cette course n’a pas levé.

Curieusement, le candidat qui a obtenu le plus de visibilité et créé le plus d’intérêt s’est retiré de la course. La vedette de téléréalité Kevin O’Leary n’a jamais représenté un candidat trop sérieux dans mon esprit, mais son statut de vedette a créé une énorme distraction dans la campagne. Après son retrait, la compétition fut plutôt terne.

Le prochain chef doit tracer le chemin d’une nouvelle ère: l’après-Harper. Cela signifie une mise à jour des politiques bien sûr, mais aussi un changement de style. L’approche fermée et méfiante en matière de communications qui a caractérisé ces neuf années n’est pas compatible avec la réussite politique à l’époque des réseaux sociaux.

Si le nouveau chef conservateur doit faire remonter son parti dans les sondages en général, il devra d’urgence porter son attention sur deux cibles critiques: les jeunes et l’est du Canada.

Justin Trudeau a séduit les milléniaux. Plusieurs de ces jeunes électeurs appuient énergiquement le premier ministre et en ont fait leur premier héros politique.

Cette génération de votants plus jeunes n’a que Stephen Harper comme image d’un leader de droite. Elle n’a jamais adhéré ni à son message ni à son style. Le prochain leader conservateur doit initier une nouvelle génération à ses idées avec un message et des outils de communications qui rejoignent les milléniaux.

Le prochain chef devra aussi porter une attention particulière à tout l’est du Canada. Les conservateurs sont solidement implantés dans l’ouest du pays, mais à l’est d’Ottawa, les choses ne sont pas roses.

Au Québec, malgré quelques victoires surprises lors du dernier scrutin, les sondages placent aujourd’hui le parti sous la barre des 10 %. Dramatique. Sans même avoir l’air de faire des efforts particuliers pour livrer la marchandise aux Québécois, Justin Trudeau est carrément seul en tête des intentions de vote.

Quant aux provinces de l’Atlantique, les conservateurs y ont carrément été balayés. Pas une seule circonscription n’a résisté à la combinaison de l’insatisfaction, après neuf années de pouvoir conservateur, et de la popularité de Justin Trudeau.

Si des élections avaient lieu demain matin, les conservateurs obtiendraient un résultat encore pire, autant chez les jeunes que dans l’est du Canada. Si ces deux terrains politiques sont laissés à Justin Trudeau seul, les conservateurs pourraient bien passer une longue période dans l’opposition.

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