Attentats à Bruxelles, c’était juste une question de temps

Attentats à Bruxelles, c'était juste une question de temps

Choqués, attristés mais peu surpris, voici l’état d’esprit de certains Belges installés à Montréal et rencontrés par le «24 Heures» au lendemain des attentats de Bruxelles.

«Après les attentats de Paris, on savait tous que ça nous toucherait surtout que des cellules très actives se concentrent à Bruxelles, c’était juste une question de temps», pense Yannick De Groote, arrivé au Québec il y a 22 ans.

S’il n’était pas étonné des attaques de mardi, il n’arrive toujours pas à réaliser que sa famille aurait pu être touchée. «Mon neveu venait de prendre le métro, car son école est à 200 mètres de la station Maelbeek. C’est choquant d’être confronté à la mort de si près.»

Angoisses après Paris

Marie Renard, une Bruxelloise de 31 ans arrivée à Montréal en 2013 a aussi eu un réveil difficile mardi matin: «Ma mère m’a contactée pour me rassurer que tout le monde allait bien, avant que je voie les images».

Elle aussi n’est pas surprise des tragiques évènements, d’ailleurs, depuis les attentats dans la capitale française, elle avoue avoir développé une certaine angoisse.

«Depuis le 13 novembre, mon premier réflexe le matin est de regarder les médias belges, me tenir au courant des perquisitions et des enquêtes.» Aujourd’hui, sa ville et ses proches lui manquent. «C’est particulier de vivre ça à distance, j’aurais envie d’être là-bas à leurs côtés.»

Un problème d’intégration

Yannick De Groote et Jean Jurdant, associés des restaurants «Frite Alors!» spécialisés dans les frites belges, sont d’accord: la solution passera par l’intégration des communautés.

«Plus on va les attaquer plus ils vont riposter, croit M. De Groote. Il faut infiltrer ces cellules extrémistes, les sortir de la société puis se donner les moyens d’intégrer les communautés au lieu de les exclure.»

Ayant quitté la Belgique depuis plusieurs années, les deux partenaires se souviennent que la discrimination notamment à l’emploi était déjà problématique.

«Il y a un vrai manque d’intégration autant qu’en France voir plus, estime M. Jurdant. Du coup, les communautés se regroupent entre elles, forment comme un petit pays dans la ville à tel point la police n’ose plus intervenir.»

Peuple résilient

Encore sous le choc des attentats, ces ressortissants belges pensent que leur pays se remettra rapidement des évènements.

«Les Belges sont résilients, ce n’est pas un peuple qui va se laisser atteindre. Dans notre histoire, on a été envahie plusieurs fois, on va vite rebondir», lance avec optimisme Yannick De Groote.

Marie Renard, elle aussi pense que le quotidien va reprendre son cours dans les rues de Bruxelles.

«Mais il y aura toujours cette conscience que tout peut arriver à n’importe quel moment, comme un avant et un après 22 mars», a-t-elle ajouté.

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