Audrey Lacroix s’en va à Rio

Audrey Lacroix s'en va à Rio

TORONTO – Le dollar fluctue, les glaces fondent et les premiers ministres se succèdent, mais une valeur stable existe quelque part au Canada: Audrey Lacroix. La nageuse de 32 ans s’est qualifiée dignement pour ses troisièmes Jeux olympiques, vendredi soir à Toronto, en remportant son épreuve fétiche du 200 mètres papillon.

Non seulement elle a géré sans panique une course qui n’a plus de secret pour elle, mais elle l’a fait dans un temps de niveau mondial de 2 min 8,58 s. Elle s’est qualifiée d’office pour le Brésil grâce à son chrono en deçà du standard olympique requis de 2:09,3 , ce que n’ont pu faire Katerine Savard, deuxième en 2:10,82, et une autre Québécoise âgée de 20 ans, Sophie Marois, troisième en 2:14,47.

Quand la médaille d’or lui a été glissée au cou, l’athlète originaire de Pont-Rouge l’a acceptée les yeux roulant dans l’eau aux cris de la foule du Centre panaméricain.

«C’est la fois où j’en profite le plus, parce que c’est comme un boni olympique. Les autres fois, c’était davantage du soulagement, alors que, cette fois-ci, c’est comme « wow »! Il y a quatre ans, je ne pensais même plus me réessayer. Et là, je vais à Rio», a exprimé Lacroix, qui connaît bien cette piscine, qu’elle a adoptée en mai 2015 en se joignant au Centre national de haute performance.

Différence d’âge

De toute évidence, elle est toujours dans le coup, la madame. Pour ajouter à son mérite, il est bon de rappeler que la concurrente qui s’approchait le plus de son âge avait 10 ans de moins, en l’occurrence Savard, qui nageait dans le corridor voisin. Si la dauphine a puisé dans ses qualités de sprinteuse pour prendre l’avance dans les 50 premiers mètres, l’expérience de l’autre l’a plus tard ramenée à l’avant.

«J’aimais mieux que ce soit Katerine à côté de moi, parce que je sais comment elle nage. Je savais que dans les premiers 100 mètres, elle pouvait m’aider à faire un bon temps intermédiaire, et c’est ce qui est arrivé», a commenté Lacroix.

«Mon but était de rester le plus longtemps possible avec elle. Je savais qu’elle allait réussir le standard, alors je me suis dit: « accroche-toi à elle et on verra ce que ça donnera »», a avoué Savard, qui a félicité la gagnante sur le podium d’une tape amicale sur l’épaule.

Une récompense pour la fin

Après la 13e place dans cette épreuve à Pékin en 2008 et la 12e à Londres il y a quatre ans, c’est en tant qu’aînée de l’équipe canadienne qu’elle débarquera au Brésil. Après sept présences à des championnats du monde, cinq médailles aux Jeux du Commonwealth et cinq podiums aux Jeux panaméricains plus tard, cette longue carrière cachait encore de belles surprises. À la fin de la soirée, l’émotion commençait à lui faire perdre ses moyens.

«Juste aller aux Jeux olympiques et gagner comme ça une médaille à la maison pour la dernière fois…»

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