Ave César!, un feu d’artifice

Ave César!, un feu d'artifice

L’âge d’or d’Hollywood, ce sont les comédies musicales, les drames bien sentis, les westerns et les péplums.

Voici le monde dans lequel nous entraînement les frères Joel et Ethan Coen avec autant de savoir-faire et de magie que Michel Hazanavicius avec L’artiste et le cinéma muet. Émerveillement, nostalgie, humour, absurdités, scènes grandioses; tout est là pour assurer le plaisir du cinéphile!

Eddie Mannix (Josh Brolin) est le bras droit du patron des studios Capitol à Los Angeles. Son travail’ Prendre des décisions quotidiennes pour assurer que les tournages en cours se déroulent bien, étouffer les scandales de ses vedettes avant qu’il ne soit trop tard et se soucier de mille et une petites choses comme de l’image de ses vedettes ou… le kidnapping de Baird Whitlock (George Clooney), vedette incontestée du film Ave, César!, super production – le clin d »il à Ben-Hur est évident – racontant la conversion au christianisme d’un homme touché par la grâce divine.

En suivant Mannix, la caméra se promène donc sur les plateaux de différents tournages, qu’il s’agisse d’un numéro époustouflant de nage synchronisée avec la sculpturale DeeAnna Moran (Scarlett Johansson), du péplum mentionné ci-haut, d’un western mettant en vedette la vedette de l’heure, Hobie Doyle (Alden Ehrenreich), d’un drame faussement intellectuel mis en scène par Laurence Laurentz (Ralph Fiennes), sans oublier les claquettes et la chanson de Burt Gurney (Channing Tatum) pour une comédie musicale. On apprendra aussi que Whitlock a été enlevé par un groupuscule de scénaristes communistes, bien décidés à répandre la parole de Karl Marx dans cette capitale… du Capital!

Ave, César! est un feu d’artifice divinement pétillant et intelligemment nostalgique, dans lequel les frères Coen parviennent à, simultanément, déboulonner et nourrir le mythe de ce Hollywood de légendes. Les 106 minutes sont un feu roulant de scènes toutes plus drôles les unes que les autres, portées par une distribution dans laquelle on retrouve également Jonah Hill en homme de confiance, Frances McDormand en monteuse, Tilda Swinton (et sa s’ur jumelle!) en chroniqueuse à potins ou Alison Pill en femme au foyer obéissante.

Sous-entendus, clins d »il, plaisanteries, gags visuels, dialogues punchés, décors kitsch, tout est rondement mené par Joel et Ethan Coen. Déclaration d’amour passionnée à une époque aujourd’hui révolue, Ave, César! est un bonbon au goût savamment étudié, mais aérien comme une plume, qui donne envie de rester dans la salle pour toutes les séances suivantes.

Note: 4 sur 5

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