Campagne contre les violences sexuelles, la moitié des cégeps emboîtent le pas

Campagne contre les violences sexuelles, la moitié des cégeps emboîtent le pas

Les cégeps veulent lutter contre les violences sexuelles sur leur campus, mais pour l’instant, seulement la moitié d’entre eux ont décidé d’adhérer à l’une des deux campagnes de sensibilisation sur ce sujet par manque de ressources, selon la fédération qui les représente.

Sur 48 cégeps, 25 ont choisi de participer à l’une des deux campagnes de sensibilisation présentement disponibles, soit «Sans oui c’est non», qui est déjà bien visible dans le réseau universitaire et «Ni viande ni objet», initiée par des étudiants du cégep de Sherbrooke.

«Il y a une adhésion collective du réseau, mais au-delà d’adhérer à une campagne, il faut avoir la capacité de la supporter», a affirmé Bernard Tremblay, président-directeur général de la Fédération des cégeps, qui estime qu’il y a un «urgent besoin de ressources psychosociales» dans le réseau collégial.

«C’est sûr que dans certains établissements, avec les ressources disponibles, avant d’aller plus loin, les gens veulent être sûr qu’ils ont la capacité organisationnelle de répondre à la demande», a-t-il ajouté.

La Fédération des cégeps réclame un réinvestissement de 5 millions $ afin d’embaucher davantage de psychologues, travailleurs sociaux et autres intervenants pour venir en aide aux étudiants.

«Une belle lancée»

À la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ), on considère que cet effort de sensibilisation représente «une très belle lancée» même si tous les cégeps sont loin d’y adhérer. «Je suis très satisfaite», a affirmé sa présidente, Rose Crevier-Dagenais.

Lors du lancement d’une campagne, il est important que des ressources soient disponibles pour aider les étudiants qui veulent dénoncer ce qui leur est arrivé, ajoute-t-elle. Cette dernière souligne qu’il y a eu une vague de dénonciations dans les jours suivant le lancement de la campagne «Ni viande ni objet» au cégep de Sherbrooke.

La FECQ estime que ces campagnes devraient être «obligatoires» grâce à un financement de Québec qui permettrait de s’assurer que les ressources soient au rendez-vous pour les étudiants qui en ont besoin. Dans certains cégeps en région, il n’y a qu’un psychologue à temps partiel pour environ 650 étudiants, ce qui est «totalement inacceptable», selon la FECQ.

Les étudiants demandent par ailleurs à Québec de financer une enquête afin de mieux documenter le phénomène des violences sexuelles au cégep, puisqu’aucune donnée n’existe présentement à ce sujet.

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