Ce n’est pas évident pour les entraîneurs

Ce n'est pas évident pour les entraîneurs

Marc Bergevin n’a pas juste réitéré sa foi envers Michel Therrien, il a fait la même chose avec Sylvain Lefebvre et ses adjoints chez les IceCaps de St. John’s, dans la Ligue américaine.

Malgré une exclusion des séries, un sort identique à celui du ­Canadien, les IceCaps ne changeront pas d’image derrière le banc. Tout comme à Montréal, la tempête annoncée ne frappera pas l’île de Terre-Neuve.

«Pour nous, c’est un vote de confiance, a affirmé Lefebvre en conférence téléphonique. C’est vraiment plaisant de savoir ça. On travaille dans le même sens que l’organisation à Montréal, ici à St. John’s. Ce qu’on veut, c’est de voir nos jeunes aider le ­Canadien quand ils obtiennent un rappel.

«J’ai encore un contrat pour une saison, a poursuivi Lefebvre. Marc [Bergevin] n’a pas à confirmer son monde comme ça tous les ans comme il l’a fait lors de son bilan cette semaine, a poursuivi l’ancien défenseur. C’était un contexte différent cette saison. Il m’aurait signifié ses intentions s’il avait pensé le contraire.»

Sans crainte

À sa quatrième saison derrière le banc de l’équipe-école du CH, trois ans à Hamilton et une année à St. John’s, Lefebvre n’a toujours pas conduit ses protégés en séries. Même dans un circuit où le développement passe souvent avant la victoire, cette sécheresse aurait terrassé plusieurs entraîneurs. Mais pas Lefebvre.

S’il est fort conscient de sa feuille de route, l’homme de 48 ans n’a toutefois pas eu peur pour sa survie au sein de l’organisation.

«Si je coachais de cette façon, si chaque jour je me demandais si je perds mon emploi, je ne serais pas dans le bon métier, a répliqué l’ancien arrière du CH, des Maple Leafs, des Nordiques, de l’Avalanche et des Rangers. C’est un métier difficile où c’est dur d’avoir de la stabilité.

«Ça fait maintenant quatre ans. Oui, on veut participer aux séries chaque année. Mais il faut pas oublier les priorités de l’organisation. Quand on voit les jeunes progresser et aider à Montréal, c’est notre récompense.»

51 joueurs

Dans une formulation colorée, Michel Therrien avait résumé l’épidémie de blessures au sein de l’organisation de la façon suivante: «Quand le grand club a la grippe, le club-école tousse pas mal.»

Si 45 joueurs ont endossé l’uniforme du Tricolore cette saison, 46 en comptant Zachary Fucale qui a reçu un rappel sans toucher la glace, le chiffre est encore plus gros pour les IceCaps.

À deux matchs de la fin du calendrier, les IceCaps ont déjà misé sur 51 joueurs.

«Une année comme la présente, tu ne vois pas ça souvent, a rappelé Lefebvre. Une année à Cleveland [adjoint avec les Monsters de Lake Erie], on avait eu aussi beaucoup de joueurs [54 en 2008-2009]. Mais les circonstances étaient différentes.

«Ce n’est pas évident pour les entraîneurs, a-t-il enchaîné. Mais des gars comme MacMillan, ­Hudon, Bozon, Grégoire, Dumont, Scherbak ont eu beaucoup de temps de jeu en raison des rappels. Des gars de la ECHL ont eu des chances, des joueurs cherchés ailleurs aussi.»

Andrew Yogan, Luke Pither, Cory Ward, Chris Joyaux, Shane Bakker et Evan Rankin ont tous passé du temps cet hiver dans la province la plus à l’est du Canada. On risque de ne plus jamais relire ces noms au sein de l’organisation.

Bon bilan

Après quatre saisons, Lefebvre a guidé une bonne poignée de joueurs vers Montréal. Très peu ont maintenant un impact notoire avec le grand club.

«C’est un bilan positif, s’est défendu l’entraîneur des IceCaps. Les joueurs, comme Gallagher, devenu un joueur de 1er-2e trio, on l’a eu une demi-saison. Tu ne gardes pas ce genre de joueur longtemps. On a eu beaucoup de défenseurs: Pateryn, Beaulieu, Tinordi, Ellis. Tu as des vagues de jeunes, parfois des défenseurs, d’autres fois des attaquants. Dans l’ensemble, nous sommes satisfaits de leur progression. Il y a toujours une période d’adaptation. Certains s’adaptent plus ou moins bien. Ça dépend du talent. On aime aussi voir à quel point les jeunes sont ouverts à l’enseignement. Ils sont comme des éponges.»

Voici une analyse qui ne ressemble en rien à celle de John Scott, qui avait dit à un journaliste du «New York Times» que les jeunots à St. John’s avaient souvent l’esprit à la fête.

À voir dans la vidéo ci-dessus, un superbe but de Charles Hudon.

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