Ces 11 députés qui ont démissionné avant la fin de leur mandat vous coûteront 6 M$

Ces 11 députés qui ont démissionné avant la fin de leur mandat vous coûteront 6 M$

Depuis l’élection d’avril 2014, pas moins de 11 députés ont tiré leur révérence; des départs qui coûteront jusqu’à 6 M$ aux contribuables.

Selon le porte-parole du directeur général des élections du Québec (DGEQ), Alexandra Reny, il en coûte en moyenne 550 000 $ pour chaque tenue d’élections partielles.

Le Journaldequebec.com a obtenu le coût exact de quatre des cinq élections partielles qui ont eu lieu depuis le scrutin de 2014. Les données du scrutin de Chicoutimi n’ont pas encore été comptabilisées.

Le gouvernement n’a toujours pas déclenché d’élections partielles dans Saint-Jérôme à la suite de la démission de Pierre Karl Péladeau. Il serait donc probable que l’élection partielle à venir dans Marie-Victorin suite au départ de Bernard Drainville soit déclenchée au même moment.

Considérant la moyenne des coûts engendrés par une élection partielle, il appert donc que les contribuables paieront environ 5,4 M$ seulement en frais d’élections partielles.

C’est sans compter les indemnités de départ qu’ont pu empocher les députés démissionnaires avant l’adoption de la loi 78 en décembre dernier, abolissant les allocations de transition pour les députés qui quittent en cours de mandat. Stéphane Bédard fut le dernier député à avoir droit à ce privilège même s’il l’avait vivement dénoncé lorsqu’il était leader parlementaire.

Ainsi la somme des indemnités de départ empochées avant l’adoption de cette nouvelle législation avoisine les 600 K$.

C’est donc dire que depuis l’élection d’avril 2014, les démissions de députés auront engendré une facture qui pourrait totaliser 6 M$.

Voici le coût des élections partielles jusqu’à présent:
11 avril 2016 (Chicoutimi) : Pas encore comptabilisé
9 novembre 2015 (Beauce-Sud, Fabre, René-Lévesque, Saint-Henri’Sainte-Anne)   2 096 300 $
8 juin 2015 (Chauveau, Jean-Talon)  1 115 300 $
9 mars 2015 (Richelieu)  555 300 $
20 octobre 2014 (Lévis)   541 300 $

Voici la liste des députés démissionnaires depuis l’élection générale de 2014 :

Parti Libéral du Québec

Robert Dutil | Beauce-Sud

Démission : 21 septembre 2015

Raison : Ex-ministre de la Sécurité publique sous le gouvernement Charest, il n’a pas été appelé à siéger au Conseil des ministres de Philippe Couillard. Il quitte pour le privé. Il sera, dès le lundi 28 septembre, vice-président de Canam-Ponts. 

Prime de départ : Il versera sa prime de départ à la maison Catherine de Longpré.

Gilles Ouimet | Fabre

JEAN-FRANCOIS DESGAGNES/JOURNAL

Démission : 24 août 2015

Raison : Il espérait un poste de ministre. Il est aussi le père de jeunes enfants. Mentionnons qu’il a posé sa candidature pour devenir juge à peine un an après les élections.

Prime de départ : 50 000 $ 

Marguerite Blais | Saint-Henri-Sainte-Anne

Sébastien St-Jean /Agence QMI

Démission : 20 août 2015

Raison : La perte de son mari, décédé d’un cancer et l’absence de défi, elle qui n’a pas été nommée ministre sous l’administration de Philippe Couillard. Mme Blais était ministre responsable des Ainés sous le gouvernement Charest. 

Prime de départ : 150 000 $

Yves Bolduc | Jean-Talon

SIMON CLARK /JOURNAL DE QUEBEC/A

Démission : 26 février 2015

Raison : Au c’ur de diverses controverses, dont sa déclaration malhabile au sujet des fouilles à nu dans les écoles, alors qu’il était ministre de l’Éducation, il démissionne et fait un retour à la pratique médicale. Il fut également ministre de la Santé sous la gouverne de Jean Charest.

Prime de départ : 150 000 $ 

Coalition avenir Québec 

Gérard Deltell | Chauveau

DIDIER DEBUSSCHERE/JOURNAL DE QUEBEC/AGENCE QMI

Démission : 7 avril 2015

Raison : Il a été démi de ses fonctions de leader parlementaire par son chef François Legault, avec qui il entretenait des relations tièdes. Il fait un saut sur la scène fédérale et brigue les suffrages pour les conservateurs dans Louis-Saint-Laurent dans la présente campagne électorale.

Prime de départ : Il a renoncé à son indemnité de départ de 114 000 $ et repousse à 65 ans l’obtention de ses rentes de retraite de l’Assemblée nationale.

Christian Dubé | Lévis

SIMON CLARK/JOURNAL DE QUEBEC/AGENCE QMI

Démission : 15 août 2014

Raison : Il a accepté de devenir vice-président de la section Québec à la Caisse de dépôt et placement du Québec.

Prime de départ : Il a renoncé «par principe» à toucher à son indemnité de départ.

Parti québécois

Bernard Drainville | Marie-Victorin

SIMON CLARK/JOURNAL DE QUEBEC/AGENCE QMI

Démission : 14 juin 2016

Raison : Il quitte pour devenir animateur radio au FM93. Il prendra la place qu’occupait Nathalie Normandeau aux côtés d’Éric Duhaime le midi. Il a aussi indiqué que le départ de Pierre Karl Péladeau lui a «scié» les jambes et l’a entraîné à faire de même.

Indemnité de départ : Contrairement à son collègue Stéphane Bédard qui a empoché 151 000$ malgré son opposition aux indemnités de départs pour les députés démissionnaires, Bernard Drainville ne touchera pas de prime de départ. Sa démission a toutefois créé un malaise puisqu’il a déjà mentionné qu’ «un élu qui choisit de son plein gré de démissionner en cours de mandat ne respecte pas le contrat moral qu’il a pris avec ses électeurs».

Pierre Karl Péladeau | Saint-Jérôme

Démission : 2 mai 2016

Raison : Il a admis qu’il a dû faire face à «un choix déchirant», qui l’a poussé à choisir sa famille plutôt que le rythme effréné de la politique.

Indemnité de départ : Il n’a pas touché de prime de départ.

Stéphane Bédard | Chicoutimi

Photo Le Journal de Québec, Simon Clark

Démission : 22 octobre 2015

Raison : Il soutient que les dernières années ont été «éreintantes» et qu’il souhaite prendre du temps pour ses proches. Il n’aurait pas digéré être rétrogradé de son poste de leader parlementaire. Pierre-Karl Péladeau lui a préféré Bernard Drainville.  

Indemnité de départ : Il empochera 151 000$ malgré son opposition aux indemnités de départs pour les députés démissionnaires, alors qu’il était leader parlementaire du gouvernement.

Marjolain Dufour | René-Lévesque

Stevens LeBlanc/Journal de Québec/Agence QMI

Démission : 10 septembre 2015

Raison : Il démissionne pour des raisons de santé. Il éprouve des problèmes de santé cardiaque.

Prime de départ : Il doit consulter le commissaire à l’éthique avant d’empocher son indemnité de départ.

Élaine Zakaïb | Richelieu

Jean-François Desgagnés/Journal de Québec/Agence QMI

Démission : 29 septembre 2014

Raison : Elle a démissionné pour relancer la chaîne de magasins Jacob en difficultés financières.

Prime de départ : Elle a renoncé à ses indemnités de départ

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