C’est le plus beau cadeau de Noël

C'est le plus beau cadeau de Noël

Après des semaines d’attente «interminable», les familles et parrains des 161 premiers réfugiés arrivés par avion nolisé hier à Montréal ont pu enfin retrouver et rencontrer leurs proches.

«Leur arrivée, c’est le plus beau cadeau de Noël qu’on peut avoir», a confié Gracia Melky, visiblement émue de retrouver son frère accompagné de sa femme et de ses enfants après neuf ans de séparation.

L’émotion et la fébrilité étaient palpables au Centre de bienvenue des nouveaux réfugiés à Montréal, où une quarantaine de bénévoles et interprètes attendaient les Syriens qui font l’objet d’un parrainage privé.

«Merci Canada», a lancé Jirair Der Kaspar après avoir reçu son manteau d’hiver des mains du premier ministre Philippe Couillard. Le réfugié syrien est arrivé hier avec sa femme, ses deux filles et son garçon. «C’était une situation très difficile. Ici je repars à neuf», a-t-il dit visiblement heureux.

Les larmes de joie étaient difficiles à cacher et les accolades étaient longues, hier, entre les réfugiés et leurs familles. Pour M. Rezko qui habite à Montréal, ce moment était attendu depuis des années. «Je n’ai pas vu mes fils depuis 5 ans et demi», a-t-il raconté ému. «Ils sont fatigués, mais heureux d’être ici avec nous».

Comme M. Rezko, une cinquantaine de familles s’étaient déplacées pour accueillir leurs proches à bras ouverts.

«Ça fait six ans que je n’ai pas embrassé ma s’ur. C’est très long, lance entre deux sanglots Rose Yamine, d’origine syrienne, qui vit au Québec depuis 26 ans, avec en mains des ballons et des fleurs. J’avais si hâte de la voir!»

FIERTÉ

Le premier ministre Philippe Couillard, le ministre de l’Immigration John McCallum et le maire de Denis Coderre ont été les premiers à les recevoir au Centre de bienvenue aménagé spécialement pour les nouveaux arrivants.

Quelques heures plus tôt, M. Couillard avait rappelé sa «fierté» d’accueillir tous ces réfugiés au Québec «On va leur montrer le visage de la liberté, le visage de l’accueil», a-t-il dit.

Les Syriens ont fait une longue route avant de pouvoir serrer leurs proches et leurs parrains dans leurs bras. Ils sont partis de Beyrouth après une série d’étapes administratives qui leur ont permis d’être sélectionnés pour devenir des Canadiens.

Les réfugiés ont fait un vol de 20 heures jusqu’à Montréal, où ils ont été rencontrés par les agents du Service frontalier du Canada. Un examen médical a été exigé avant que les 161, dont 46 enfants, ne soient transportés par autobus au Centre de bienvenue. Un seul ne restera pas au Québec.

À leur arrivée, ils ont obtenu un numéro d’assurance-sociale et reçu des vêtements chauds pour l’hiver.

«C’était stressant de les savoir là-bas et interminable de les attendre. Le conflit était extrêmement difficile. Ils auront ici un nouveau départ», a lancé Basil Hilal en attendant la famille de son oncle.

Pour Layla Beglouneh, 13 ans, qui rêve de devenir actrice, son arrivée au Québec hier est le début d’une grande aventure. «Mon futur commence maintenant. Merci!», a-t-elle tenu à souligner.

Cette deuxième vague de réfugiés au pays fait partie du plan d’accueil du gouvernement canadien qui prévoit faire entrer au pays 25 000 Syriens d’ici février 2016, dont 10 000 avant la fin de l’année.

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