Condamné pour meurtre l’ex-juge Delisle veut prouver son innocence

Condamné pour meurtre l'ex-juge Delisle veut prouver son innocence

Scandant être emprisonné à tort pour le meurtre prémédité de sa femme, l’ex-juge Jacques Delisle pourrait bien détenir une nouvelle preuve «accablante» témoignant de son innocence.

Cet élément inédit aurait échappé à tous les experts du procès, plaident ses avocats.

Au bout du fil, l’avocat torontois James Lockyer, fondateur de l’Association pour la défense des personnes injustement condamnées, jubile. Celui qui travaille depuis des mois à prouver l’erreur judiciaire dont prétend avoir été victime Jacques Delisle a en main trois nouveaux rapports d’experts émis en mars.

Ces expertises démolissent, selon lui, la preuve ayant condamné son client pour le meurtre par balle de son épouse.

Au coeur de ces révélations se trouve une fracture du côté droit du crâne de la défunte, Nicole Rainville ainsi que des fragments de balle contre cette fracture. Ces nouveautés appuieraient la thèse du suicide prônée depuis toujours par l’ex-juge.

«Quand j’ai vu ça, j’étais soulagé. J’ai toujours été totalement convaincu de l’innocence de Jacques Delisle et soudainement, il y a cette nouvelle preuve qui le prouve. Mais c’était délicat à voir», lance M. Lockyer.

«C’est une constatation extrêmement importante que malheureusement personne n’a faite avant le premier procès […] Et maintenant, tout devient simple et naturel», se réjouit Me Jacques Larochelle, qui représente l’ex-juge depuis le tout début de cette affaire.

Armés de ces nouveaux outils, les deux criminalistes espèrent qu’Ottawa juge la cause sérieuse et permette à Jacques Delisle, 81 ans, de demander une liberté sous caution le temps que le Groupe de la révision des condamnations criminelles (GRCC) poursuive son travail. Confiants, ils s’attendent à une réponse au cours des prochains jours.

Des experts prudents

Certains experts consultés par le «Journal de Québec» sont toutefois moins emballés par cette récente découverte et y mettent des bémols. «Il peut y avoir 52 explications autres que celle qu’ils avancent. La pression dans la boîte crânienne, quand un événement comme ça arrive, ça peut faire des fractures un peu partout», confie l’une de nos sources.

Une autre rappelle le professionnalisme et l’expérience du pathologiste ayant pratiqué l’autopsie lors du décès de Nicole Rainville, qui a témoigné pour la Couronne. Les méthodes de travail de ce dernier sont toutefois mises à mal dans les récents rapports des trois experts.

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