Corriveau voulait seulement préserver l’unité canadienne

Corriveau voulait seulement préserver l'unité canadienne

MONTRÉAL – Le dernier acteur-clé du scandale des commandites ne savait pas qu’il commettait un crime en usant de son influence pour empocher 7 millions $ de fonds publics, a laissé entendre la défense.

Jacques Corriveau avait seulement à c’ur l’unité du Canada, a plaidé son avocat ce matin.

«Il était impliqué dans le Parti libéral ; ce n’est pas une organisation criminelle. Il était près d’un grand premier ministre [Jean Chrétien] ; ce n’est pas un défaut, ni un crime», a dit Me Gérald Soulière au juge Jean-François Buffoni.

Ainsi, l’homme de 83 ans n’aurait pas vu de mal à utiliser son influence et ses contacts «dans le contexte bien particulier du programme des commandites», a noté la défense, au palais de justice de Montréal.

Sauver le Canada

En dépeignant l’accusé comme «l’un des acteurs importants» du scandale des commandites», on a fini par oublier l’éléphant dans la pièce, estime la défense.

Le gouvernement fédéral a décidé d’allouer un budget à sa promotion, à la suite du référendum de 1995.

«S’ils ont cru que dépenser 40 millions $ par année, ce n’était pas beaucoup pour sauver l’unité du Canada, je suis d’accord avec ça», a expliqué Me Soulière.

L’homme de 83 ans a pourtant été reconnu coupable de trafic d’influence, fabrication de faux et recyclage des produits de la criminalité par un jury, au début du mois.

Entre 1997 et 2003, Jacques Corriveau a perçu une commission de 17,5 % sur bon nombre de contrats attribués par le fédéral. Il a ainsi empoché plus de 7 millions $ d’argent des contribuables.

Réprobation sociale

Décrivant Corriveau comme la «bougie d’allumage» du stratagème, la Couronne réclame entre trois et cinq ans de pénitencier pour ces crimes.

«M. Corriveau est traité sévèrement», croit son avocat. Le militant libéral mériterait une certaine clémence. Nul besoin d’envoyer l’aîné en prison pour montrer la réprobation sociale de la société à l’égard de tels crimes. Le simple fait d’avoir accusé un octogénaire a un effet dissuasif, d’après Me Soulière.

«Je pense que la justice dans le plus meilleur pays du monde peut faire preuve de compréhension à l’égard de Jacques Corriveau», a soutenu la défense, en réutilisant une expression consacrée par Jean Chrétien.

Prison à domicile

Me Gérald Soulière est d’avis que son client devrait pouvoir purger sa peine dans la communauté, c’est-à-dire être assigné à résidence avec de strictes conditions.  Et la sentence ne devrait pas dépasser deux ans, a précisé le criminaliste.

Selon lui, l’âge et l’état de santé précaire de Jacques Corriveau devraient être considérés comme des facteurs atténuants, contrairement à ce qu’a fait valoir la Couronne.

«À 83 ans, son espérance de vie n’est pas si longue que ça. […] Et quand on est malade, c’est difficile d’être incarcéré», a souligné Me Soulière, précisant que son client suivait des traitements pour un cancer.

D’autres représentations quant à la confiscation de la maison de Jacques Corriveau et de placements lui appartenant seront faites plus tard en décembre.

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