Cosmétique, le fédéral ne croit pas bon d’interdire le triclosan

Cosmétique, le fédéral ne croit pas bon d'interdire le triclosan

OTTAWA – Le gouvernement canadien a décidé de ne pas interdire le controversé triclosan, un produit chimique qu’on retrouve notamment dans les nettoyants pour les mains et d’autres produits cosmétiques, même si celui-ci a récemment été banni aux États-Unis.

Selon Santé Canada, le triclosan, dont le nom scientifique est 5-chloro-2-(2,4-dichlorophénoxy) phénol, est présent dans environ 322 produits cosmétiques, dont des savons, des hydratants, du maquillage, des désodorisants, des parfums, des produits pour bronzage, pour le rasage, de coiffure et des shampoings. On le retrouve également comme agent anti-gingivite dans certains dentifrices. Il est aussi présent dans les rince-bouche.

Il s’agit d’un produit controversé en raison de préoccupations soulevées quant à son rôle sur l’augmentation de la résistance aux bactéries et sur le dérèglement des fonctions hormonales.

Vendredi, le Globe and Mail, a rappelé qu’en septembre dernier, la Food and Drug Administration aux États-Unis a annoncé que le triclosan et plusieurs autres produits chimiques similaires seraient interdits dans les nettoyants pour les mains et pour le corps en raison d’un manque de preuve qu’ils sont sécuritaires et qu’ils fonctionnent vraiment plus que le simple savon et l’eau.

Dans l’édition de la Gazette du Canada publiée vendredi, il est écrit que les ministres fédérales de l’Environnement et de la Santé ont l’intention de recommander que cette substance soit ajoutée à l’annexe 1 de la Loi canadienne sur la protection de l’environnement. L’annexe 1 correspond à la liste des substances considérées comme toxiques au Canada.

Mais, comme le souligne le Globe and Mail, cette mesure ne concerne que la protection de l’environnement, notamment les milieux aquatiques où le triclosan se répand par l’entremise, notamment, des égouts.

«Le triclosan est très toxique pour une variété d’organismes aquatiques, tels que les algues, les macrophytes, les invertébrés, les amphibiens et les poissons, peut-on lire dans la Gazette du Canada. Les effets nocifs sont la réduction de la croissance, de la reproduction et de la survie.»

Pour ce qui est de la santé humaine, le fédéral, par le biais de son évaluation du triclosan, en est venu à la conclusion que «[…] la base de données globale ne révèle pas d’effets du triclosan sur la fonction thyroïdienne, en tant qu’effet critique aux fins de la caractérisation des risques chez l’humain; que la dose sans effet nocif observé (DSENO) «prémunit les humains contre les effets potentiels sur le foie (s’il y a lieu) et ceux sur d’autres organes ou systèmes; et que les marges d’exposition au triclosan estimées «sont jugées adéquates pour aborder les incertitudes dans les bases de données sur les effets sanitaires de l’exposition au triclosan».

Concernant la santé humaine, le triclosan figure malgré tout dans la «liste critique des ingrédients de cosmétiques» de Santé Canada. Ainsi, «les concentrations de triclosan qui dépassent 0,3 % dans tous les produits cosmétiques (c.-à-d. déodorants, crèmes, dentifrices, produits pour laver le visage, etc.) ou 0,03 % dans les rince-bouche peuvent contrevenir au Règlement sur les aliments et drogues ou au Règlement sur les cosmétiques», rappelle un rapport d’évaluation fédéral.

Cette position du Canada est très différente de celle adoptée aux États-Unis, souligne le Globe.Avec la parution des intentions gouvernementales dans la Gazette du Canada, les Canadiens ont maintenant 60 jours pour faire part de leurs commentaires sur l’approche de gestion des risques proposée pour cette substance en vue de l’élaboration d’un projet de texte réglementaire.

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