Courir pour le c’ur des autres

Courir pour le c'ur des autres

En dépit d’une maladie cardiaque, Caroline Lavallée, 46 ans, participera le 11 septembre au triathlon Esprit de Montréal, son cinquième triathlon cette année. Véritable source d’inspiration et de motivation, elle fera 1,5 km à la nage, 40 km en vélo et 10 km à la course à pied.

Lorsque vous avez eu votre premier épisode de tachycardie supraventriculaire (trouble du rythme cardiaque), avez-vous eu peur de mourir’

Oui. Je ne peux pas vous expliquer la peur qui nous envahit lorsque notre c’ur se met à battre aussi rapidement. On se demande si c’est une crise cardiaque. Mais ça ressemble à quoi, une crise cardiaque’ Est-ce la fin’ Ça se passe tellement rapidement. Puis, c’est bien connu, lors des interventions chirurgicales j’en ai subi trois , il y a toujours un certain risque. Chaque fois, il y a cette peur d’y rester.

Comment avez-vous appris que vous souffriez de la tachycardie supraventriculaire (TSV)’

En 2000, à l’âge de 30 ans, j’ai reçu un diagnostic officieux, alors que j’ai eu mon premier épisode de tachycardie supraventriculaire. J’étais en voiture sur l’autoroute et j’ai commencé à me sentir faible, étourdie, les lèvres engourdies, la gorge serrée et je sentais mon c’ur battre à une vitesse phénoménale. En arrivant au bureau, ils ont immédiatement appelé les services d’urgence. Les médecins m’ont dit que je devais aller consulter si jamais ça se reproduisait, que ça ressemblait à une crise de tachycardie supraventriculaire. Puis, plus rien.

En 2006, alors que j’étais en train de boire l’apéro, mon c’ur s’est remis à battre très, très vite. Je suis retournée à l’hôpital et le diagnostic est officiellement tombé, je souffrais bien de tachycardie supraventriculaire.

À quel moment avez-vous repris l’activité physique

Ça m’a pris six ans après mon diagnostic à avoir le courage de reprendre l’entraînement. Les gens croient que c’est plus dangereux de faire de l’activité physique pour quelqu’un qui souffre de tachycardie supraventriculaire, mais c’est faux.

J’avais recommencé à courir des petits cinq kilomètres, mais c’est en 2012 que j’ai commencé des entraînements plus sérieux à la suite d’une conversation avec une amie. Elle m’a alors informée de son exploit sportif et que tous les participants avaient reçu une médaille. Ça a fait son chemin. Lorsqu’une autre amie m’a parlé des Exploits du c’ur (défi sportif pour amasser de l’argent au profit de la Fondation des maladies du c’ur et de l’AVC), je n’ai pas hésité et j’ai embarqué immédiatement. Je gardais en tête cette image de médaille et je la voulais. La compétitive en moi a vite refait surface, puisque, plus jeune, j’étais une très grande sportive.

Pourquoi avez-vous besoin de réaliser de tels exploits’

Pour me dépasser, mais j’ai eu la vraie réponse l’an dernier. Mon entraîneur m’a demandé pourquoi j’écrivais toujours ma fréquence cardiaque sur mon journal de bord, alors qu’il ne me l’avait jamais demandé. J’ai réfléchi et j’ai compris. J’ai systématiquement pris ma montre d’entraînement et j’ai retiré la fonction pour la fréquence cardiaque. Puis, c’est cette journée-là que j’ai arrêté d’avoir peur. C’est terrifiant la peur, j’avais peur de tout, même de mourir. C’est fini maintenant, je n’ai plus peur et je veux toujours dépasser mes objectifs, même quand je dois me soumettre à des examens physiques chez mon cardiologue, je veux battre mes records précédents!

D’où vient ce besoin d’en faire toujours plus après chaque nouvelle épreuve’

C’est simple, faire de l’activité physique est un privilège qu’on tient pour acquis. Moi, j’ai ce privilège de pouvoir bouger. Lorsque je traverse le fil d’arrivée, c’est toujours une autre victoire pour moi et les maladies du c’ur. Je fais chacune de mes courses pour quelqu’un qui souffre et qui n’a pas ce privilège. Ça m’aide à continuer. D’ailleurs, lors de ma prochaine course, je penserai à un homme que j’ai rencontré qui souffre énormément d’une maladie du c’ur et qui m’a beaucoup émue lorsqu’il m’a raconté son histoire.

La tachycardie supraventriculaire
La tachycardie supraventriculaire survient lorsque le c’ur bat parfois trop vite.
La tachycardie supraventriculaire commence de façon soudaine et peut s’arrêter rapidement.
Elle peut durer seulement quelques secondes ou quelques heures.
Lorsqu’elle se présente, le c’ur peut battre de 160 à 200 fois à la minute. Tandis que le c’ur d’une personne en bonne santé bat entre 60 et 80 fois chaque minute.

Sources: La Fondation des maladies du c’ur et de l’AVC et du site internet Johnson & Johnson

Pour obtenir de plus amples renseignements sur l’Exploit du c’ur de Caroline Lavallée ou pour faire un don, visitez le site web lesexploitsducoeur.ca. Jusqu’à présent, Caroline Lavallée a amassé plus de 5000 $ cet été grâce à ses triathlons.

Étiquettes :

Laisser un commentaire