Course à la direction du PQ , un premier débat musclé

Course à la direction du PQ , un premier débat musclé

Alexandre Cloutier, Martine Ouellet, Jean-François Lisée et Paul St-Pierre-Plamondon ont croisé le fer sur quatre thèmes : l’économie, les finances publiques, le développement durable, ainsi que la question nationale.

Le meneur dans la course à la direction du Parti québécois, Alexandre Cloutier, a été la cible de la plupart des attaques.

Débat houleux entre Cloutier et Lisée

Mais le débat a été marqué par un accrochage entre Alexandre Cloutier et Jean-François Lisée au sujet de la privatisation d’une partie d’Hydro-Québec. Alors que M. Cloutier maintenait l’attaque, M. Lisée a levé le ton afin de l’interrompre.

« Heille, tu poses une question, écoute la réponse! », a lâché M. Lisée en levant le ton pour interrompre Alexandre Cloutier qui, selon lui, « mangeait du temps » pendant leur échange.

Le député de Rosemont a par la suite accusé M. Cloutier de faire de la démagogie. « Plutôt que de débattre des idées qu’on a maintenant, il essaie de prendre de vieux arguments en les déformant », a-t-il déploré, en rappelant qu’il avait déjà publiquement renié sa proposition concernant Hydro-Québec.

M. Cloutier s’est dit surpris du ton abrupt employé par Jean-François Lisée pendant le débat. « Je pense qu’il faut renouveler la politique et ça ça veut dire dans le comportement qu’on a les uns envers les autres, a dit M. Cloutier. Par exemple, moi je n’accuserai personne quand ils n’ont pas de droit de parole. C’est une règle absolue de bienséance politique entre candidats. » M. Cloutier a toutefois réitéré qu’il avait beaucoup de respect pour le candidat pendant le point de presse qui a suivi le débat.

Anticosti: la position de Martine Ouellet critiquée 

Les deux aspirants-chefs s’en sont également pris à Martine Ouellet, notamment sur sa position du pétrole sur l’île d’Anticosti.

Ministre des Ressources naturelles sous le gouvernement Marois au moment de la signature du contrat sur Anticosti, Martine Ouellet a nié être responsable de la décision rendue à l’époque. « Ç’a été négocié par Pauline Marois ce contrat. », a-t-elle assuré.

Mme Ouellet a ensuite noté que M. Cloutier avait voté en faveur d’une motion sur le programme d’exploration d’hydrocarbures sur l’île, alors qu’elle est contre.

M. Cloutier a répliqué que Mme Ouellet avait choisi de s’absenter au moment de ce vote en février plutôt que d’exprimer son opposition au projet.

« Tous les collègues se sont levés à l’Assemblée nationale un après l’autre, toi tu as décidé de partir, tu n’as pas voté contre, tu es juste disparue, a-t-il dit. Si j’avais signé le contrat, j’aurais aussi exigé son respect. »

La question référendaire

La question référendaire a permis aux candidats de démontrer les différences dans leurs positions bien campées.

Au sujet de la tenue d’un référendum sur l’indépendance du Québec, Mme Ouellet a lancé, d’entrée de jeu, à M. Lisée : « On s’entend qu’on ne s’entend pas ». Elle a par ailleurs accusé Jean-François Lisée d’agir « en Bonhomme Sept Heures » et de faire peur à la population. « Toi, tu ne vois pas qu’on fonce dans le mur », a rétorqué M. Lisée.

Pour sa part, Alexandre Cloutier a indiqué qu’il n’a pas peur de laisser les membres du PQ décider de la tenue ou non d’un référendum. Jean-François Lisée a répliqué qu’une telle proposition serait un « traumatisme au sein du PQ. »

Il assure qu’il laisserait à un conseil national du PQ le dernier mot sur le calendrier référendaire.

Plusieurs interventions du candidat Paul Saint-Pierre-Plamondon ont été systématiquement applaudies, notamment sur le besoin de revaloriser la culture francophone et de rebâtir l’identité québécoise.

« Ça ne se force pas l’identité, ça se construit ! », a-t-il martelé au grand enthousiasme de plusieurs partisans. 

Le deuxième débat national aura lieu le 25 septembre à Montréal et le nouveau chef du Parti québécois sera connu le 7 octobre prochain.

Les quatre candidats ont pu se mesurer la semaine dernière durant un débat non officiel qui s’est déroulé à l’Université de Montréal. Alexandre Cloutier, en tête des sondages, avait été la cible de ses adversaires, particulièrement de Martine Ouellet.

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