Cure de bien-être, voulez-vous vraiment aller mieux?

Cure de bien-être, voulez-vous vraiment aller mieux?

Avec le suspense psychologique Cure de bien-être, Gore Verbinski flirte parfois avec l’inquiétant. Car, dans ce spa où se côtoient les personnages incarnés par Dane DeHaan, Jason Isaacs et Mia Goth, tout peut arriver… mais surtout pas le fait de recouvrer la santé!

Lockhart (Dane DeHaan) est employé des plus grandes firmes de Wall Street. Ses supérieurs demandent à ce jeune requin aux dents longues de se rendre dans les Alpes. Sa mission est simple, ramener le président de cette firme, Pembroke (Harry Groener) qui fait une cure dans un spa renommé.

«Il s’y rend et ne parvient plus à quitter ce spa, comme tous les gens qui y vont. Et, évidemment, il lui arrive plein de trucs fous», a commenté Dane DeHaan, vu récemment dans le Un ours et deux amants du Québécois Kim Nguyen. Dès son arrivée à l’Institut, il sait qu’il s’y passe des choses anormales. Il ne parvient pas à voir Pembroke, n’a pas de connexion au réseau de cellulaire, aucun des patients âgés ne semble se soucier du monde extérieur, etc. Il y a aussi Volmer (Jason Isaacs), le médecin directeur de l’établissement de santé et une jeune fille, Hannah (Mia Goth), patiente qui détonne par sa jeunesse.

Petite chambre des horreurs

Au fur et à mesure de son séjour – Volmer l’a convaincu qu’il a besoin de se faire traiter -, Lockhart, qui ne sait jamais si ce qu’il voit est réel ou pas, aura de nombreuses mauvaises surprises. Car le personnage de Dane DeHaan se fait maltraiter et torturer de différentes manières toutes plus créatives les unes que les autres, sous prétexte de traitements médicaux.

Les scènes qui, sans conteste, ont le plus marqué le jeune acteur américain de 30 ans ont été celles qui se déroulent dans un caisson d’isolation sensorielle. «Je dois avouer que cela a été une expérience pour le moins intense! Pour certains moments du film, nous tournions une série ininterrompue de prises sous l’eau pendant 25 à 30 minutes. Cela n’aurait pas été trop dérangeant si j’avais porté un masque de plongée ou des lunettes. Je ne voyais rien du tout! L’éclairage était très sombre et la caméra – une chose toute noire et floue – se promenait à quelques centimètres de mon visage. De plus, je portais un plâtre à une jambe et des câbles me maintenaient en position horizontale dans le caisson! Tout le processus a été éprouvant et il a fallu que je fasse un effort intellectuel conscient pour me calmer».

Inquiétant

Tout dans Cure de bien-être est destiné à provoquer un malaise chez le spectateur. Le décor extérieur de l’Institut est celui du château de Hohenzollern en Allemagne, une forteresse imposante juchée en haut d’une montagne. De plus, certaines scènes ont été tournées dans le village de Beelitz, une autre localité en Allemagne «qui a été un établissement de santé et un hôpital psychiatrique pendant les deux guerres mondiales», a expliqué Jason Isaacs.

«Les Soviétiques s’en sont aussi servi comme lieu dans lequel ils envoyaient leurs dissidents politiques pour les lobotomiser. Le village est d’ailleurs reconnu pour être le lieu le plus hanté d’Allemagne. En effet, le fait de tourner là-bas a été très inconfortable et je crois que cela se voit dans le film.»

L’acteur a également tenu à souligner que tout l’aspect visuel du long métrage est inquiétant. «L’Institut est blanc, c’est un environnement stérile. Les pièces datent de la moitié du XXe siècle, mais on a l’impression d’être hors du temps tellement elles sont étranges. C’est un établissement moderne, mais dans lequel l’aspect d’objets comme les tables ou les interrupteurs électriques détonne, ce qui provoque un trouble certain.»

C’est d’ailleurs cette pesanteur qui a intéressé Jason Isaacs – qui a qualifié le long métrage de «terrifiant, mais d’une manière très amusante et divertissante» – lorsque Gore Verbinski (Le cercle et The Lone Ranger: le justicier masqué) lui a parlé de Cure de bien-être au téléphone. Et il a insisté sur le sens du détail du cinéaste. «Le film existait déjà dans sa tête avant le tournage! Il arrivait tous les jours sur le plateau avec un grand tableau blanc sur lequel était dessiné une espèce de « story-board » que lui seul pouvait comprendre et cela donne aux acteurs un sentiment de sécurité peu commun. Il n’est pas du tout réfractaire aux suggestions, au contraire! Mais il faut vraiment que les commentaires améliorent le film!»

Et c’est Dane DeHaan qui a eu le mot de la fin en indiquant que Cure de bien-être était «comme un défi pour les cinéphiles. Je vous mets au défi d’aller le voir!»

Cure de bien-être fait frissonner les spectateurs dès le 17 février.

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