De l’huile à fritures à l’origine d’un incendie mortel en 2015

De l'huile à fritures à l'origine d'un incendie mortel en 2015

Un chaudron avec de l’huile à friture sur une cuisinière est à l’origine de l’incendie d’un immeuble à logements qui a fait trois victimes à Drummondville en juillet 2015, selon le coroner Yvon Garneau.

Plusieurs locataires qui n’avaient pas été capables d’évacuer l’immeuble de 36 logements ravagé rapidement par les flammes avaient été secourues à l’aide d’échelles par les pompiers et des citoyens.

Dans les décombres, les services d’urgence avaient découvert les corps calcinés de Pierre Garceau, 52 ans, Stéphane Vincent, 46 ans, et Marcel Roy, 66 ans. Les trois victimes habitaient le dernier étage.

Dans les conclusions de son rapport rendu public mercredi, le coroner Yvon Garneau révèle également que le bâtiment construit en 1970 ne répondait pas à certains règlements municipaux.

«L’aménagement des escaliers a assurément joué un rôle important dans la propagation de l’incendie, du premier étage vers le deuxième», peut-on y lire.

L’enquête du Service de protection des incendies souligne que les deux cages d’escalier présentaient une anomalie importante.

«Il n’y avait aucune subdivision entre les corridors communs et les escaliers menant aux issues. Conséquemment, la fumée, les gaz chauds et les flammes pouvaient se propager sur tous les étages du bâtiment», est-il indiqué dans le rapport.

Le coroner mentionne qu’en vertu du Code de sécurité du Québec, tout immeuble construit avant 1976 doit respecter le Règlement sur la sécurité dans les édifices publics. L’article 8 de ce règlement mentionne qu’«une issue doit être séparée du reste de l’aire de plancher par une séparation coupe-feu ayant un degré de résistance au feu d’au moins trois quarts d’heure».

Cette règle est en vigueur depuis juillet 2014 à Drummondville.

«Donc, si la règle était respectée, la compartimentation des cages d’escalier éviterait la propagation verticale d’un incendie vers les étages supérieurs. De cette façon, les résidents seraient assurés que les moyens d’évacuation sont libres de fumée», a soutenu le coroner Garneau.

L’enquête soulève d’autres facteurs contributifs. D’abord, quelques fausses alarmes ont été signalées dans les semaines précédentes, ce qui pourrait expliquer que certains locataires ont mis du temps avant d’évacuer l’immeuble. Il n’y avait également pas d’avertisseurs de fumée dans plusieurs des 36 logements et dans ceux où il y en avait, la majorité était non fonctionnelle parce que les piles n’avaient pas été remplacées.

Si le locataire de l’appartement 21, où le feu de friture a pris naissance, ne peut être tenu responsable de l’incendie par sa négligence, Yvon Garneau insiste et souligne qu’«en 2014 sur le territoire de Drummondville, 37 % des incendies survenus, résultaient d’erreurs humaines lors de cuissons faites sans équipements adaptés».

Dans son rapport, le coroner recommande de mettre en place un programme de prévention sur les bonnes pratiques de cuisson pour ainsi prévenir les feux qui en résultent. Il suggère de réviser et actualiser le plan de mise en uvre du schéma de couverture de risques d’immeubles à logements à Drummondville. Enfin, il conseille à la Ville de s’assurer de faire respecter son règlement municipal sur présence et le fonctionnement des avertisseurs de fumée.

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