De nouvelles clôtures pour chasser les itinérants du métro

De nouvelles clôtures pour chasser les itinérants du métro

Des organismes montréalais furieux accusent la STM de chasser les itinérants d’un édicule du métro Berri-UQAM. Une nouvelle clôture les empêche de se coucher à l’intérieur de la station.

«C’est scandaleux. C’est clairement une mesure pour empêcher les sans-abri d’avoir un endroit où se réchauffer», s’indigne Alexandre Paradis, président de l’organisme SOS Itinérance.

Il rappelle qu’un édicule de métro est un des rares endroits où les sans-abri peuvent se réfugier et se protéger du froid l’hiver. Les refuges sont fermés le jour.

Finies les siestes

Les itinérants habitués de dormir quelques heures à la sortie de l’édicule Saint-Denis ne peuvent plus le faire.

Ils sont maintenant bloqués par une grille de métal installée par la Société de transport de Montréal (STM) qui restreint l’accès à un recoin très fréquenté.

«Des employés m’ont dit que c’était un embellissement. Personne ne va nous faire croire que c’est beau. Ils ont mis ça parce qu’ils sont tannés de nous réveiller et de nous mettre dehors», dénonce Jason, un sans-abri qui quête à cet endroit depuis quatre ans.

La STM a profité de rénovations pour installer cette nouvelle barrière fin novembre.

La « grille de la honte »

L’espace confiné créé par une colonne aurait permis la revente de drogue. Certains sans-abri s’y piquaient aussi.

«On ne fait pas de profilage social», assure Amélie Régis, porte-parole de la STM. Les mesures que l’on met en place dans les stations sont pour sécuriser nos installations».

Les justifications de la STM font rager Sam Watts, président et directeur général de la Mission Bon Accueil, qui y voit une «grille de la honte».

«C’est de l’exclusion. Ce n’est pas une solution de tasser des itinérants», dit-il.

Cet épisode rappelle à M. Walsh l’installation des «pics de la honte» en juin 2014 près du magasin Archambault de la rue Sainte-Catherine.

«Le maire Denis Coderre avait convoqué les médias pour faire enlever les pics. Maintenant que c’est la STM, va-t-il aussi le faire’» questionne-t-il.

Au cabinet du maire Coderre, on a refusé de commenter mercredi.

Le Protecteur des itinérants et fondateur du magazine L’Itinéraire, Serge Lareault, est rassuré par les arguments de la STM.

Photo d’archives, Améli Pineda

Serge LareaultProtecteur des itinérants

«La STM veut éviter la criminalité. C’est certain que c’est un endroit en moins pour quelques itinérants, mais on travaille justement à trouver des façons de ne pas laisser les gens dans la rue», souligne M. Lareault.

Il dit toutefois comprendre le sentiment que peuvent éprouver certains itinérants devant l’immense grillage.

«Ce n’est pas la plus belle rénovation, c’est assez rébarbatif et c’est certain qu’ils auraient pu faire ça plus beau», dit-il.

C’est n’est pas la première mesure pour empêcher les itinérants de se coucher ou de s’asseoir.

30 mars 2015 La STM installe un nouveau modèle de bancs avec des accoudoirs à la station de métro Guy Concordia. La STM se défend d’empêcher les sans-abri de s’y coucher et assure qu’ils visent plutôt à accommoder la clientèle.

16 juin 2014 Des morceaux de verre sont coulés dans du béton dans une partie de la cour arrière d’un Subway de la rue St-Denis. Ils sont retirés après qu’une photo eut fait le tour des réseaux sociaux.

10 juin 2014 Des pics sont installés près des vitrines du magasin Archambault de la rue Sainte-Catherine. Ils sont retirés quelques heures après leur médiatisation.

Étiquettes : , , ,

Laisser un commentaire