Début de la pire phase des travaux au Complexe G

Début de la pire phase des travaux au Complexe G

La phase la plus importante et dérangeante du chantier de reconstruction du station­nement souterrain de l’Édifice Marie-Guyart (Complexe G) vient de démarrer. Plus de 60 % des cases sont condamnées.

Depuis quelques semaines, beaucoup d’automobilistes ont été refoulés aux deux entrées du stationnement. La priorité est accordée aux abonnés mensuels. Les clients occasionnels se butent la plupart du temps à des panneaux d’affichage, à l’extérieur, les invitant à faire demi-tour.

Des employés de la Société Parc-Auto de Québec (SPAQ) qui gère le stationnement du plus haut gratte-ciel de la capitale se chargent aussi, parfois, de filtrer les automobilistes en amont et de diriger ceux qui ne sont pas les bienvenus vers d’autres stationnements publics à proximité, comme celui de la place D’Youville.

Le PDG de la SPAQ assure que les «clients horaires» ne sont pas systématiquement refoulés. Une centaine de cases, en moyenne, sont accessibles, le jour, pour monsieur ou madame Tout-le-Monde. «On ouvre l’accès horaire en fonction de l’achalandage réel. On a un système pointu qui nous permet de le faire, mais on doit s’assurer de répondre aux engagements qu’on a avec nos clients mensuels», précise Jacques Dorval.

Jusqu’à « la fin de 2018 »

Ce chantier, qui n’en finit plus de finir, a officiellement commencé en 2012. Dès 2011, des forêts de poutrelles en métal avaient fait leur apparition afin de soutenir la structure qui présentait des signes d’usure inquiétants. La Société québécoise des infrastructures (SQI) espère achever le projet de réfection «à la fin de 2018», a-t-on indiqué au Journal.

«Il fallait reconstruire le stationnement en entier. Ç’a été planifié en six phases, de façon à conserver en tout temps un minimum de 500 cases sur les quelque 1400 qu’il y a dans le stationnement. Là, on vient d’amorcer la phase 5. C’est celle qui a le plus d’impact sur le nombre de cases disponibles», explique en entrevue le porte-parole de la SQI, Martin Roy.

En 2017, l’entrepreneur Pomerleau s’attaque aux étages supérieurs du stationnement. Le premier sous-sol a été placardé presque en entier. Une section importante du deuxième sous-sol est aussi inaccessible. Enfin, aux troisième et quatrième sous-sols, des poutrelles privent toujours les usagers de nombreuses cases.

Le projet coûtera finalement 59 M$

Le chantier du Complexe G coûtera finalement 59 M$. La SQI, maître d »uvre du projet pour l’État québécois, assure qu’il n’y aura aucun dépassement de coûts ni d’échéancier.

L’affirmation est difficile à vérifier puisque Le Journal n’a trouvé aucune trace écrite, avant 2016, de l’estimation des coûts des travaux. Cette dernière n’a jamais été communiquée au grand public.

Le projet a été inscrit une première fois au Plan québécois des infrastructures (PQI) 2014-2024 au stade de la «planification», sans aucun chiffre, deux ans après le début des travaux. Le même scénario s’est répété l’année suivante. Ce n’est qu’au PQI 2016-2026 que le chiffre de 59 millions $ a été imprimé noir sur blanc.

En raison du caractère «prioritaire» des travaux, les deux premières phases ont été autorisées avant la réalisation du dossier d’affaires initial, nous a expliqué le porte-parole de la Société québécoise des infrastructures (SQI), Martin Roy. «Le dossier d’affaires final a été approuvé par le gouvernement en 2015.»

Ce dernier assure que la Politique-cadre sur la gouvernance des grands projets d’infrastructures publi­ques a été suivie à la lettre.

En 2011, Le Journal avait obtenu un rapport de la firme Simco Technologies qui avait évalué à 34,6 M$ le coût de réfection du stationnement du Complexe G. Cela excluait cependant de nombreux éléments. À l’époque, la Société immobilière du Québec s’attendait à une facture beaucoup plus salée, sans être en mesure de l’évaluer avec précision.

«Là, les 59 millions $, ça inclut l’ensemble de l »uvre, les frais de gestion de projet, les honoraires d’architectes, d’ingénieurs, la surveillance du chantier, la première phase de travaux, etc.», fait valoir M. Roy.

Édifice Marie-Guyart ( Complexe G )
Construit entre 1967 et 1972
Situé sur la colline parlementaire
Plus haut gratte-ciel de Québec (33 étages)
L’immeuble accueille chaque jour des milliers de fonctionnaires
Le stationnement souterrain, qui n’a jamais été rénové, compte 1473 cases
Les travaux, qui ont commencé en 2012, doivent être achevés en 2018
Coût total du chantier: 59 M$

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