Dénoncer les propos discriminatoires suffit dit la ministre Joly

Si elle reconnaît que les Québécois peuvent faire l’objet de propos «inacceptables» et parfois «discriminatoires» au Canada – dans les médias sociaux, la presse anglophone ou ailleurs -, la ministre du Patrimoine, Mélanie Joly, estime que «dénoncer» ceux qui les tiennent suffit.

«On vit dans une démocratie qui respecte la liberté d’expression. Il y a des différences de point de vue à travers le pays, et c’est ce qui fait en sorte qu’on est une démocratie forte», a-t-elle commenté lundi matin à l’entrée du conseil des ministres réuni à Sudbury, dans le nord de l’Ontario.

Dimanche, le Bloc québécois a demandé au gouvernement fédéral de lancer «une campagne de sensibilisation contre le dénigrement perpétué envers les Québécois dans l’espace public».

Le député bloquiste Xavier Barsalou-Duval a directement interpellé Mme Joly sur la question, estimant qu’elle est la mieux placée au sein du gouvernement Trudeau pour agir.

Au lieu d’une vaste campagne de sensibilisation, Mme Joly a plutôt l’intention de «mettre l’accent sur le vivre ensemble, lancer des messages extrêmement positifs et quand il y a des propos de nature discriminatoires, les dénoncer».

Pourtant critiquée notamment par la CBC pour son unilinguisme, la Québécoise Diane Lebouthillier assure être accueillie «partout où je vais dans le Canada à bras ouverts».

Le «Québec bashing» serait-il donc une vue de l’esprit’

«En tout cas, moi, je ne l’ai pas senti du tout de mes collègues de travail», a-t-elle réagi, assurant être aussi bien reçu lors de ses séjours à l’extérieur de la Belle Province.

«Au contraire, quand j’essaie de pratiquer mon anglais, les gens vont m’aider», a-t-elle confié.

Le député de la région de Québec, Jean-Yves Duclos, n’est pas plus convaincu de l’ampleur du phénomène antifrancophone au Canada.

«J’ai la chance depuis quelques mois d’être à l’écoute et de sentir toute la richesse de notre pays, et loin de dire qu’il y a du racisme, je pense qu’il y a une énergie de collaboration extraordinaire à l’échelle du pays», a-t-il commenté.

«Ma lecture du dossier est très différente (de celle du Bloc québécois), a-t-ajouté, précisant que les commentaires négatifs envers les anglophones sur les réseaux sociaux, par exemple, sont aussi monnaie courante.

Selon le Bloc, il y a urgence d’agir afin de «briser un tabou», puisque les discours hostiles aux Québécois ont le potentiel de motiver des actes de violence comme celui qu’aurait commis Richard Henry Bain, le présumé auteur de l’attentat du Métropolis en 2012.

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