Des amendes record pour insalubrité

Des amendes record pour insalubrité

Les données de 2015 ne sont pas toutes compilées, mais on sait déjà que l’insalubrité des restaurants et épiceries sur l’île de Montréal aura généré un record d’amendes au cours de l’année.

Les statistiques du service des inspections alimentaires de Montréal affichent d’ailleurs une hausse tant pour le nombre d’amendes que pour le total des sanctions monétaires qu’elles ont entraînées.

En date du 15 décembre, on avait ainsi imposé un total de 584 290 $ d’amendes à des commerçants montréalais pour malpropreté, présence de vermine ou température dangereuse des aliments, selon des données obtenues par Le Journal.

C’est plus que le record précédent établi l’an dernier avec la somme globale de 541 090 $.

Photo Martin Alarie

Manuel Demontigny,
aide technique du laboratoire
de la Division de l’expertise
technique, prépare un
échantillon d’hummus prélevé
dans une épicerie pour
qu’on analyse sa salubrité.

«Je ne dirais pas que les commerces sont plus problématiques. La principale raison est que nous faisons plus d’inspections qu’auparavant», dit Myrta Mantzavrakos, chef de la division de l’inspection alimentaire pour l’île de Montréal.

Les 32 inspecteurs ont effectivement fait presque 1000 visites de plus, leur nombre passant de 11 491 à 12 375.

Pendant ce temps, dans le reste du Québec, le nombre d’amendes en 2014 et 2015 est passé de 928 à 651. La valeur des amendes a aussi chuté, passant de 795 246 $ à 638 325 $.

Une baisse que le MAPAQ ne peut expliquer. «On ne focus’ pas là-dessus», dit Johanne Minville, conseillère en salubrité alimentaire au MAPAQ.

Sur l’île de Montréal, le nombre de plaintes de clients dégoûtés est aussi en hausse avec un total de 1739.

Sans compter les 506 intoxications alimentaires recensées cette année.

Photo Martin Alarie

Annie Laviolette,
microbiologiste au laboratoire
de la Division de l’expertise
technique, estime la quantité
de bactéries d’un échantillon
de nourriture.

«Environ 9 % des commerces visités demandent plus d’attention de notre part, dont 2 à 3 % qui sont vraiment problématiques. Parmi eux, nous en avons une trentaine sur une black list, qu’on suit de façon très serrée», explique Mme Mantzavrakos.

En 2015, la chef de division a imposé la fermeture temporaire de 113 commerces parce qu’ils représentaient une menace pour la santé de leurs clients.

Cependant, ces informations restent encore difficiles d’accès pour les Montréalais, notamment quand un client passe devant un restaurant et se demande si c’est un bon choix.

Plusieurs villes canadiennes et américaines imposent aux restaurateurs de placer une affiche à l’entrée résumant l’inspection effectuée. À New York, un «A» souligne qu’on peut y manger sur le plancher, alors qu’un «B» suggère implicitement de passer son chemin. À Toronto, Hamilton et London, on préfère le langage des couleurs, avec des ronds verts pour les plus propres.

À Montréal’ Ça ne semble pas pour demain, même si la Ville souhaite faire beaucoup mieux connaître les résultats d’inspection aux citoyens.

«Mais pour y arriver, il va falloir gérer nous-mêmes ces informations. Or, nous ne sommes que les mandataires du MAPAQ, explique Réal Ménard, le maire d’arrondissement responsable du service des inspections en alimentation.

M. Ménard a demandé cette année au ministère de rapatrier ce service, avec les budgets qui viennent avec. Un dossier à suivre dans le courant de 2016.

Qui est mis à l’amende

Les types de commerces mis à l’amende sur l’île de Montréal en 2015.

Restaurants avec service 155
Restaurants rapides 27
Boucheries 25
Épiceries/dépanneurs 14
Pâtisseries 13
Casse-croûte 6
Supermarchés 5
Restaurants pour emporter 4
Usines 2
Brasserie 1
Centre d’accueil 1

Source : Ville de Montréal; janvier à novembre 2015. Compi­lation effectuée par Le Journal. Plusieurs de ces commerces ont reçu plus d’une amende

À rendre malade

Le nombre d’intoxications alimentaires recensées par les inspecteurs.

2015* 506
2014 551
2013 448
2012 433

*Année incomplète Source : Ville de Montréal; en date du 15 décembre 2015

Infractions les plus courantes

Dans la très vaste majorité des cas, on donne une amende pour l’une des trois raisons ci-dessous. Pour le reste, il peut s’agir d’un problème d’étiquette ou de l’absence du port de la résille (le filet qui empêche les cheveux ou les poils de barbe de tomber dans la nourriture).

Température dangereuse des aliments 40 %

Infestation de vermine (souris, rats et coquerelles) 21 %

Malpropreté 32 %
Autres 7 %

Source : Ville de Montréal Compilation effectuée par Le Journal

Fermé quand la santé est menacée

Les inspecteurs ont le pouvoir de fermer le commerce pendant cinq jours s’ils jugent que la santé des clients est menacée, le temps de faire le ménage ou d’exterminer la vermine.

Nombre de commerces fermés

2015 113
2014 100
2013 138
2012 61

Source : Ville de Montréal, En date du 15 décembre 2015

Jamais eu autant de sanctions

Ces deux dernières années, les inspections des com­merces montréalais ont entraîné un total d’amendes jamais vu. La hausse du nombre d’inspections serait la principale cause de ces hausses.

2015* 

Amendes 387 
Total  584 290 $

2014

Amendes 365
Total  541 090 $

2013 

Amendes 234
Total  338 610 $

2012 

Amendes 257
Total  414 750 $

Source : Ville de Montréal, En date du 15 décembre 2015

Ailleurs en province

Autant le nombre d’amendes que le total des peines ont chuté dans le reste du Québec en 2015. Une situation que ne peut expliquer le MAPAQ.

2015* 1 001 734 949 $
2014 1 320 819 146 $
2013 1 388 853 040 $
2012 1 439 807 541 $

Source : MAPAQ, En date du 15 décembre 2015

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