Des articles précis et trop chers

Des articles précis et trop chers

Des articles scolaires demandés en nombre excessif, introuvables ou de marques imposées causent un véritable stress chez des parents qui voient leurs économies s’envoler dans ces listes d’achat.

«Je ne paie pas plus de 5 $ pour un chandail à l’Armée du Salut et on me demande d’acheter pour 20 $ de colle en bâton», déplore Seven Laville, mère de trois enfants, dont deux qui fréquentent le primaire.

La jeune mère monoparentale dénonce le fait que l’école de son quartier l’oblige à acheter des marques précises de fournitures scolaires, même si elle n’en a pas les moyens.

De plus, la quantité demandée pour plusieurs articles est exagérée pour des élèves qui entrent en prématernelle et en première année, selon elle.

Sur la liste de sa plus vieille, qui va à l’école bilingue St Monica dans le quartier Notre-Dame-de-Grâce à Montréal, on demande aux parents d’acheter huit bâtons de colle Pritt et sept effaces Staedtler.

«Ce n’est pas facile d’arriver dans mon budget en prenant des grandes marques plus dispendieuses. Mais si je n’achète pas ce qu’ils demandent, mes enfants vont-elles être isolées’» s’inquiète celle qui travaille comme préposée aux bénéficiaires.

«On a un service de déjeuner pour s’assurer que les enfants mangent le matin, ajoute Nathalie Rose, une autre mère dont la fille fréquente la même école. Dans ce contexte-là, il ne faut pas penser que tous les parents seront capables d’acheter les grandes marques à fort prix.»

L’imposition d’une marque précise est interdite dans certaines commissions scolaires, comme à Montréal ou à celle des Affluents sur la Rive-Nord.

La Commission scolaire English-Montreal n’a pas ce genre de politique. Le porte-parole assure que les listes scolaires ont été approuvées par le conseil d’établissement l’an dernier. Si des parents ont des difficultés, ils peuvent également en discuter avec la direction pour trouver une solution.

Par ailleurs, l’enseignante Fanny Legault soutient que l’achat de produits de qualité et en plusieurs exemplaires permet de faciliter grandement la vie des professeurs en classe.

«S’il y en a un qui n’a pas sa gomme à effacer, ça peut désorganiser tout le monde. Si les crayons sont cheap et qu’on passe notre temps à les aiguiser, on retarde tout le monde. Si la colle ne colle pas, l’enfant ne peut pas faire l’activité et il pleure…», énumère celle qui enseigne en 1re année.

D’autres parents remettent en question certaines demandes inhabituelles pour des listes scolaires, ce qui leur donne inutilement du fil à retordre.

«J’ai fait une dizaine de magasins pour trouver une boîte de jetons de bingo», soupire Stéphanie Lambert, mère d’un garçon en première année.

Selon l’enseignante Mary Guirguis, cette situation est attribuable, aux coupes dans le budget pour le matériel en classe.

«Les enseignants demandent de plus en plus de choses aux parents pour pallier le manque d’argent. Le problème est que ça met encore plus de pression sur les parents, surtout sur ceux qui ont un faible revenu», se désole-t-elle.

Des exemples de demandes spécifiques sur les listes scolaires

24 crayons à mine (1re année)

1 règle avec les centimètres seulement (pas de pouces) (4e année)

4 boîtes de 24 crayons de cire (prématernelle)

10 cahiers Canada (5e année)

8 grands bâtons de colle Pritt (1re année)

2 crayons de mine taillés HB «fait au canada» (maternelle)

15 Duo-Tang: 3 rouges, 4 verts, 3 jaunes, 2 bleus, 2 oranges (1re année)

17 Duo-Tang à 3 tiges: 5 rouges, 3 verts, 5 bleus, 3 jaunes et un autre différent pour l’anglais (2e année)

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