Des chercheurs se penchent sur la pratique du sexting

Des chercheurs se penchent sur la pratique du sexting

N’en déplaise aux expéditeurs de «sextos», qui croient souvent leurs correspondances numériques intimes vouées à demeurer dans la sphère privée, une étude américaine révèle qu’un Américain sur quatre montre à d’autres personnes les messages érotiques qu’il reçoit.

Le «sexting» semble susciter de plus en plus d’inquiétudes chez le grand public. Néanmoins, les recherches à ce sujet restent trop limitées pour en juger.

Pour approfondir la question, une équipe de l’université de l’Indiana a sondé un échantillon de 5805 célibataires américains âgés de 21 à 75 ans. Les chercheurs se sont intéressés à leurs pratiques sexuelles. L’étude définit le sexting comme l’envoi et la réception d’images et de messages à caractère sexuel via un téléphone ou tout autre appareil électronique.

En étudiant les réponses, les chercheurs ont remarqué que 21% des sondés envoient des sextos et que 16% envoient des photos à caractère sexuel, tandis que 28% disent recevoir des messages crus et 23% reçoivent des photos de ce type.

Montré à plus de trois amis

La pratique du sexting est plus courante chez les jeunes sondés. D’après les réponses, les hommes sont plus nombreux que les femmes à envoyer ces messages. La majeure partie de ces sextos s’échange au sein d’un couple déjà formé: pour 66% des hommes et 78% des femmes, il s’agit de flirter avec son propre compagnon.

En ce qui concerne la dimension privée de ces échanges torrides, 23% des sondés expliquent avoir montré des photos à d’autres personnes, alors que la majorité des sondés (73%) dit ne pas être à l’aise à l’idée que les sextos soient divulgués. Leur contenu serait pourtant en moyenne montré à plus de trois amis.

Le rapport révèle également que les femmes sont les plus gênées de voir leurs messages communiqués à des tiers. Les hommes sont deux fois plus susceptibles de les faire circuler. Entre 60% et 74% des participants sont convaincus que le sexting peut nuire à la réputation, à la carrière, à l’estime de soi ou aux relations. Plus les sondés sont âgés, plus ils associent cette pratique à des dangers.

Une atteinte à la réputation

Commentant ces résultats publiés en ligne dans la revue Sexual Health, l’un des auteurs principaux de l’étude, Justin Garcia, explique: «Pour certains, le sexting peut avoir des conséquences positives comme un regain d’intimité et de satisfaction avec le partenaire. Pour d’autres, il peut avoir des conséquences négatives comme une atteinte à la réputation et à l’estime de soi».

«Le risque ne réside pas tant dans le fait d’envoyer des messages et des images que dans la divulgation non consentie de ceux-ci. Le sexting devient de plus en plus commun et nous sommes les témoins d’une difficulté toute contemporaine: celle de la conciliation de l’érotisme virtuel et de ses conséquences dans le monde réel», conclut-il.

L’étude a été sponsorisée par le site de rencontres en ligne Match.com.

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