Des chiens pour apaiser les victimes d’agression sexuelle

Des chiens pour apaiser les victimes d'agression sexuelle

La Sûreté du Québec utilisera des chiens Mira formés pour réconforter des enfants victimes d’agression sexuelle d’ici le mois de février.

Les deux chiens assisteront des enquêteurs des crimes majeurs lors de l’enregistrement d’une plainte, ou pour accompagner les victimes durant leur témoignage à la cour.

Pour les amener à se confier, l’enquêteur doit réussir à établir un bon lien dans un contexte difficile. La victime est souvent en choc et bouleversée par l’événement violent qu’elle a vécu.

C’est là que quelques simples caresses sur un gros toutou peuvent faire toute la différence. Le Service de police de Sherbrooke a eu des résultats concluants avec Kanak, un labrador noir de Mira.

«La fillette [qui avait subi une agression sexuelle] ne parlait pas du tout, raconte Nicolas St-Pierre, directeur général de Mira. Ça faisait trois rencontres qu’elle avait de plus d’une heure avec les enquêteurs, et il n’y avait rien à faire.»

Photo Ben Pelosse

Nicolas St-PierreDirecteur général chez Mira

«Quand le chien est arrivé, ça a pris 15 minutes, et elle s’est mise à se confier en le flattant», a-t-il dit.

Première au Québec

À son tour, la Sûreté du Québec emboîte le pas, mais les chiens seront présents sept jours sur sept plutôt que seulement sur appel, comme à Sherbrooke. Ce sera une première au Québec.

L’un d’eux est attendu au poste de Mascouche dans les prochaines semaines, d’où il desservira le territoire de Montréal. L’autre sera basé au quartier général de Québec pour y couvrir toute la grande région.

Les chiens auront reçu le même entraînement que ceux intervenant auprès d’enfants avec un trouble du spectre de l’autisme, ce qui s’accordera parfaitement avec le travail des policiers, selon Martine Asselin, porte-parole de la Sûreté du Québec.

«Tout comme eux [les enfants autistes], les victimes ne sont pas toujours portées à parler beaucoup, mais le chien permet de venir établir un lien sans la parole. C’est le type de chiens qu’il nous fallait», a dit Mme Asselin.

Faire opérer la magie

Les deux chiens seront choisis en fonction de leur tempérament, explique le directeur de Mira.

«Ils n’ont pas nécessairement des habiletés spéciales, ce sont juste fondamentalement des chiens qui sont fins et capables de se faire trimballer à gauche et à droite dans différents environnements», a dit M. St-Pierre.

«C’est le tempérament qui est bien plus difficile à trouver, la perle qui va faire que la magie va opérer», a-t-il conclu.

Âge : 1 an et demi
Race : labernois ou labrador
Formation : socialisé en famille d’accueil + 60 heures chez Mira
Bienfaits : réduction du stress, amélioration des interactions sociales, permet l’établissement d’un lien de confiance, source de réconfort
Les enquêteurs passeront une semaine avec les chiens

Les enquêteurs choisis pour travailler avec les chiens iront passer une semaine en retraite chez Mira, pour trouver le parfait partenaire à quatre pattes.

Les futurs chiens d’assistance de la Sûreté du Québec n’ont pas encore été choisis. Il en va de même pour les enquêteurs avec qui ils feront équipe.

«Nous avons reçu plusieurs centaines de candidatures pour le poste autant à Québec qu’à Montréal. Il y a vraiment un engouement», a dit Martine Asselin, porte-parole de la SQ.

Chez Mira, on en est à observer les agissements de 14 chiens susceptibles de pouvoir se joindre au corps de police.

«Ça prend des chiens qui sont très ouverts, puisqu’ils auront à travailler avec plusieurs personnes et non pas dans une seule famille comme c’est généralement le cas. On a des chiens qui sont plus sélectifs», a dit Nicolas St-Pierre, directeur général de Mira.

Chimie recherchée

Les enquêteurs passeront 24 h sur 24 avec leur chien pendant une semaine aux installations de Mira. C’est à ce moment que le choix final des deux chiens sera fait. Les experts de chez Mira en auront déjà retranché une dizaine à cette étape.

«Parfois, il y a des choses inexplicables. Le chien est super fin, puis je passe la laisse à quelqu’un et il devient super excité, anxieux», a dit M. St-Pierre.

La retraite servira à former des duos parfaits. Les enquêteurs suivront aussi différentes formations sur les besoins du chien, pour apprendre à décoder son langage et à le gérer durant les interventions. À la fin du processus, le chien deviendra un membre à part entière de la famille du policier chez qui il habitera. Quand «son» enquêteur sera en congé, c’est un autre qui viendra chercher le chien à la maison pour l’amener au boulot.

«Ils auront quand même leurs moments de jeux et de détente, mais ce sont vraiment des chiens faits pour aider des gens. Pour eux, ça ne représente pas un travail difficile, mais plutôt du plaisir», a dit M. St-Pierre.

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