Des libéraux d’accord avec l’opposition

Des libéraux d'accord avec l'opposition

Des députés libéraux, membres de la Commission de l’économie et du travail (CET), veulent entendre d’autres personnes à l’audition visant la vente des actions de Rona que détenait Investissement Québec (IQ), notamment Pierre Ouellet, l’ancien chef de cabinet de Jacques Daoust.

 

Les députés Robert Poëti, de Marguerite-Bourgeoys, André Drolet, de Jean-Lesage, et Saul Polo, de Laval-des-Rapides, estiment, à l’instar des élus des partis d’opposition, que des faits nouveaux, notamment l’échange de courriels entre Pierre Ouellet et IQ où le chef de cabinet donne son aval à la cession de l’important bloc d’actions de Rona, sont survenus depuis la décision de la CET en juin. La Commission avait alors convoqué, pour jeudi de cette semaine, des dirigeants et administrateurs d’IQ Mario Albert, Jean-Claude Scraire, Yves Lafrance et Louis Roquet ainsi que la vérificatrice générale du Québec, Guylaine Leclerc.

 

Il importe d’entendre Pierre Ouellet qui «a appuyé sur le OK», a affirmé Robert Poëti au Devoir. André Drolet insiste pour que la CET entende tant le chef de cabinet que le ministre démissionnaire Jacques Daoust. «La partisanerie fait partie de la game’ mais de l’autre côté, la transparence fait aussi partie de mon vocabulaire», a affirmé le député au Soleil.

 

Aucun scénario écarté

 

Saul Polo a indiqué qu’il n’écartait aucun scénario, que ce soit la comparution du ministre ou du chef de cabinet. «On a pris une décision [à la CET] en fonction des éléments qu’on avait à l’époque», a-t-il livré au Devoir. «Il y a de nouveaux éléments.» Il a dit souhaiter que les élus libéraux membres de la CET en arrivent à une position unanime. «Le premier ministre va respecter la responsabilité ou la décision des membres de la Commission», croit le député. Aucun nouveau témoin ne peut comparaître sans l’assentiment des libéraux qui sont majoritaires au sein de la CET.

 

En marge d’une conférence de presse où il présentait la candidate libérale Maryse Patenaude à l’élection partielle dans la circonscription de Marie-Victorin, le premier ministre Philippe Couillard a répété que la décision d’entendre de nouveaux témoins revenait aux membres de la CET. Mais il a souligné l’inutilité, à ses yeux, de l’exercice. «On a fait le tour de la question, a-t-il affirmé. Ça ne changeait rien: de toute façon, la transaction allait de l’avant.»

 

Jacques Daoust a toujours maintenu, y compris le jour de sa démission vendredi, qu’il n’avait jamais autorisé la vente des actions de Rona par IQ. Or, le conseil d’administration de la société d’État jugeait qu’il lui fallait obtenir l’aval du gouvernement, même si la loi ne l’y obligeait pas, pour liquider ce bloc de plus de 150 millions de dollars d’actions de Rona.

 

Cet aval, le conseil l’a finalement obtenu du chef de cabinet qui devrait préciser, lors d’une possible comparution à la CET, qui, au cabinet du premier ministre, s’il est vrai que le ministre n’a pas été mêlé à l’affaire, lui a soufflé la réponse à fournir à IQ. À moins que Pierre Ouellet n’invoque le Saint-Esprit.

 

Dimanche, le leader parlementaire de la Coalition avenir Québec, François Bonnardel, faisait parvenir une demande formelle au président de la CET, le député péquiste Claude Cousineau, pour que Jacques Daoust et Pierre Ouellet comparaissent, tout comme un ancien président et chef de la direction du quincaillier, Robert Dutton.

 

Claude Cousineau convoquera une séance de travail spéciale à ce sujet possiblement jeudi, la CET étant accaparée mardi et mercredi par l’étude du projet de loi 70. Chose certaine, les nouveaux témoins ne pourront être entendus jeudi, a-t-il précisé au Devoir. Le président de la CET souhaite qu’ils le soient avant le début de la prochaine session à la mi-septembre.

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