Des militants du NPD en veulent à l’entourage de Mulcair

Des militants du NPD en veulent à l'entourage de Mulcair

Les militants du NPD rencontrés samedi par Le Journal de Montréal ont toujours confiance en leur chef Tom Mulcair après la défaite électorale du 19 octobre, et blâment plutôt ses conseillers qui ne «connaissent peut-être pas assez le Québec des régions».

«Les directives sont venues du quartier général. Notre avis n’a pas été considéré», a reproché Évelyne Henry, une Lavalloise militante du Nouveau Parti démocratique depuis 40 ans.

Plus de 350 partisans se sont rassemblés samedi à Saint-Hyacinthe pour le conseil général du NPD au Québec, le premier rassemblement du parti depuis la défaite électorale du 19 octobre. Le parti a basculé de 103 à 44 députés élus.

Le NPD a plongé dans les sondages au détriment du parti libéral quand l’affaire du niqab est arrivée au c’ur de la campagne.

La position de M. Mulcair, favorable au port du niqab durant la cérémonie de citoyenneté avant d’admettre un «malaise» tout en voulant «respecter les tribunaux», a eu du mal à convaincre, notamment au Québec.

«Il n’a pas été assez clair», a résumé Daniel Turcotte, 62 ans, venu de Laval pour assister au conseil du parti.

Québec mal connu

Pour André Bourgeois, président de l’association NPD Saint-Hyacinthe-Bagot, ce n’est pas le leadership de M. Mulcair qu’il faut remettre en cause, mais plutôt la compétence de ses conseillers.

«Les stratèges ne connaissent peut-être pas assez le Québec des régions. Ils l’ont sous-estimé», a-t-il lancé.

Les militants ne se gênent d’ailleurs pas pour faire passer le message, a expliqué le co-président du NPD au Québec, Jérémy Boulanger-Bonnelly.

«Il y a un sentiment, au niveau de la campagne, que c’était trop centralisé, que ça venait trop d’Ottawa. (…) Les militants ne se sentaient pas assez écoutés», a-t-il confirmé au Journal.

Mais pas de quoi remettre en cause M. Mulcair. Sur une douzaine de militants interrogés par Le Journal, aucun ne s’est dit prêt à changer de chef.

M. Mulcair s’est engagé à rester chef jusqu’au prochain scrutin, en 2019. Mais ce sera en avril qu’ils décideront s’ils lui accordent toujours leur confiance, lors du congrès du parti.

Pas assez agressif

Dans son discours du conseil général, M. Mulcair a lui-même suggéré qu’au lieu d’imprimer six millions de pancartes «arrêtons Harper» pendant la campagne, «il aurait fallu en imprimer la moitié avec le slogan «votons Mulcair».

«Ça fera peut-être partie des leçons à retenir», a-t-il lancé avec le sourire.

Le ton était humoristique. Mais de nombreux militants ont vertement critiqué la stratégie de campagne de leur parti.

«C’est pas lui (Mulcair) qui est à blâmer, c’est les conseillers de campagne», a lâché François Dedericks, 46 ans, qui a milité dans la circonscription d’Alfred-Pellan à Laval.

«On n’a pas eu une campagne assez agressive (…) Quand on s’est fait attaquer par tout le monde, on n’a pas répliqué», estime-t-il.

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