Des retraités au boulot

Des retraités au boulot

Les jeunes camelots à pied se font de plus en plus rares en 2017 et, comme une espèce en voie de disparition, les adolescents ont été remplacés par des retraités qui livrent votre quotidien en automobile jusqu’à votre porte.

En 1995, à peine 150 camelots motorisés sur un total de 2600 camelots sillonnaient tout le territoire desservi par Le Journal de Québec. En 2017, la transformation est complète puisque près de 85 % des camelots sont motorisés.

«C’est maintenant 500 sur 600. Plus qu’un renversement, c’est un changement de métier», explique Jean-Louis Reid, directeur des opérations pour l’Est-du-Québec chez Messageries Dynamiques. L’ensemble des camelots motorisés parcourt environ quatre millions de kilomètres par année.

Des emplois

Quelques raisons peuvent expliquer la baisse d’intérêt des jeunes. Les familles sont moins nombreuses, plusieurs enfants vivent une garde partagée et les emplois pour les étudiants ne sont plus aussi rares que dans les années 90, bien au contraire.

«Ils ont le choix de faire quelques heures par semaine dans un commerce et l’engagement sept jours par semaine, c’est le plus gros problème», ajoute M. Reid.

En automobile, la distribution coûte maintenant plus cher qu’à l’époque. La majorité des camelots à pied reçoivent un petit montant supplémentaire pour éviter de les perdre et ainsi payer des frais de déplacement.

Une évolution

À Lévis, l’infatigable René Dubé roule sa bosse depuis près de 30 ans. Le travailleur de 66 ans a été livreur, camelot pédestre et maintenant, camelot motorisé. «Je roule 101 km par nuit. À pied, ça serait long! J’ai 330 copies et je commence ma run à 3 h du matin. Normalement, c’est rare que je n’aie pas terminé à 6 h.»

Le sexagénaire l’avoue, il ne dort que très peu. Et le jour, il travaille dans un garage. «Il en reste, des jeunes camelots pleins de volonté, mais il faut les trouver. J’ai vu l’évolution et parfois, ce sont les parents qui se ramassent avec la run quand le jeune abandonne! Ils sont plus gâtés que nous.»

René Dubé précise que son occupation exige de la ponctualité, de la fidélité et une grande fiabilité parce que les congés sont rares. «Tant que je vais respirer, je continue!»

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