Détention évitée pour une course de rue mortelle

Détention évitée pour une course de rue mortelle

Un jeune automobiliste reconnu coupable d’avoir pris part à une course de rue fatale évite la détention.

La semaine dernière, un jury a tranché que même s’il a participé à une course de rue avec un ami en novembre 2012, Maxime Poissant n’est pas responsable d’avoir causé la mort de ses deux amis qui prenaient place dans un autre véhicule.

Le permis de conduire du jeune homme de 25 ans sera assurément sanctionné, comme le prévoit le Code criminel. Mais les parties­­­ ne s’entendent pas sur la durée de cet interdit.

Le procureur de la Couronne suggère en effet d’empêcher Maxime Poissant de rouler pendant trois ans. Me Jean-Sébastien Bussières a notamment insisté sur le fait que malgré la collision mortelle de ses amis, l’accusé a été intercepté en avril 2016 alors qu’il roulait à 127 km/h dans une zone de 100.

«C’était moins d’un an après avoir récupéré son permis, sachant qu’il était dans l’attente d’un procès, sachant que la vitesse avait emporté la vie de deux amis et qu’il était sous conditions de remise en liberté. Cela ne l’a malgré tout pas empêché de rouler vite», a plaidé Me Bussières.

«Le penchant de l’accusé pour la vitesse démontre que le message n’a toujours pas passé et que le risque de récidive est présent», a-t-il ajouté.

Comme «alternative à l’emprisonnement», il réclame également l’imposition d’une probation de deux ans pour le jeune homme, ce qui lui permettrait de travailler et ainsi «rester un actif de la société».

La défense espère pour sa part que le permis de conduire de son client ne soit révoqué que pour quelques mois. Jean-François Lambert souhaite que la suspension de son permis pendant sept mois après son arrestation soit soustraite de l’année minimum prévue par le Code criminel.

«Il ne faut pas oublier qu’il a perdu deux êtres qui lui étaient très chers. Ç’a été un deuil difficile à faire pour lui», a aussi plaidé l’avocat de la défense.

Samuel Poupart et Catherine Leclerc sont décédés le 28 novembre 2012, à St-Rémi en Montérégie. La Chevrolet Cobalt dans laquelle ils prenaient place a sectionné un poteau d’électricité à 185 km/h.

Quelques minutes avant, Samuel Poupart et Maxime Poissant avaient été aperçus roulant «en fous» sur le rang Saint-Paul, où le drame a eu lieu.

Un témoin avait même dit au procès avoir aperçu le véhicule de l’accusé suivre la Chevrolet, avant de tenter deux dépassements illégaux.

Mais Poissant avait expliqué au jury qu’à un moment, il avait lâché l’accélérateur «pour laisser passer» son ami.

Son véhicule n’est d’ailleurs pas entré en collision avec celui de Samuel Poupart. Il est même arrivé sur les lieux du drame quelques secondes après la collision fatale.

La juge France Charbonneau rendra sa décision sur la sentence demain.

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