Disparition d’un canoteur sur la Moisie, une expédition trop risquée selon un professionnel

Disparition d'un canoteur sur la Moisie, une expédition trop risquée selon un professionnel

Descendre la rivière Moisie seul en canot est un acte «pratiquement suicidaire», même pour un canoteur expérimenté, selon le directeur général d’Aventure Écotourisme Québec, qui juge déplorable que le touriste Français qui y est porté disparu depuis mardi, se soit retrouvé dans ce contexte hautement risqué.

Les recherches se poursuivent pour tenter de retrouver un touriste français porté disparu depuis mardi soir, sur la rivière Moisie, dans la région de la Côte-Nord.

Le canot de l’homme a été retrouvé mercredi sur la rivière. Des passages à basse altitude en hélicoptère sont prévus par la Sûreté du Québec aujourd’hui. Les autorités confirment que l’homme début cinquantaine était seul en canot lors de sa disparition.

«Je suis un bon canoteur et je ne partirais pas tout de seul sur cette rivière-là. Ce serait pratiquement un acte de suicide», a dit Pierre Gaudreault, directeur général d’Aventure Écotourisme Québec, une association de professionnels qui regroupe 115 entreprises uvrant en écotourisme à travers les régions du Québec.

La rivière Moisie représenterait un niveau technique très difficile pour les canoteurs. «La Moisie c’est une des plus grosse du Québec, qui n’est pas facile techniquement. Il y a des endroits où elle fait pratiquement un kilomètre de large, avec des rapides. Quand tu es pogné là-dedans, ça commence à être du sport en sortir», a-t-il affirmé.

Incompréhension

Aventure Écotourisme Québec connaît bien la clientèle européenne avec qui ses entreprises font régulièrement affaires. Pierre Gaudreault assure qu’il est très inhabituel de partir seul pour une expédition de ce genre. «Il y a tout un encadrement précis, professionnel, des clientèles touristiques. Surtout des gens comme ça, qui sont néophytes et qui ne connaissent pas la grosseur de nos rivières contrairement à celles de chez eux», a-t-il dit.

Selon Pierre Gaudreault, qui est canoteur depuis une trentaine d’années, il faudrait des semaines de préparations, de nombreuses formations et une grande connaissance du territoire pour se lancer dans une telle aventure.

Généralement, les touristes partiraient plutôt avec un guide expérimenté. «Ils partent avec des gens qui ont des niveaux techniques en canot, qui sont capables de lire les rapides, de savoir où on peut descendre et où on ne peut pas. Une rivière, c’est plein de pièges et il faut être capable de lire ces pièges avant d’en descendre une comme celle-là. Je ne comprends pas pourquoi ce monsieur s’est retrouvé sur la rivière Moisie tout de seul», a déploré M Gaudreault.

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