Drogue made in Québec

Drogue made in Québec

La pègre asiatique canadienne, qui a délogé les Hells Angels au premier rang de la production de marijuana au Québec, règne également sur le marché noir de l’ecstasy aux États-Unis.

C’est le constat de la Drug Enforcement Administration (DEA) dans son rapport annuel 2015 sur le marché américain des stupéfiants et les organisations criminelles qui le contrôlent.

Des millions de comprimés

«Le crime organisé de souche asiati­que basé au Canada domine l’alimentation d’ecstasy (ou MDMA) dans toutes les régions du territoire américain. Cette organisation fabrique des dizaines de millions de comprimés dans des laboratoires clandestins, principalement en Colombie-Britannique, mais aussi en Ontario et au Québec», précise le document de 148 pages.

La pègre asiatique s’associe avec plusieurs gangs de rue et groupes de motards criminalisés «pour faciliter la distribution» d’ecstasy aux États-Unis, précise-t-on dans le rapport National Drug Threat Assessment de 2015.

Les autorités policières ont récemment constaté que même les dangereux cartels mexicains ont commencé à s’approvisionner en ecstasy auprès de la pègre asiatique canadienne pour en vendre en sol américain.

Akwesasne comme porte d’entrée

La DEA estime que la contrebande de cette drogue de synthèse bon marché et particulièrement populaire chez les jeunes «reste une menace» pour la sécurité publique.

La réserve mohawk d’Akwesasne est d’ailleurs identifiée comme l’une des pires passoires de contrebande de drogue à la frontière canado-américaine.

«Les trafiquants de l’Ontario et du Québec y font passer des comprimés d’ecstasy aux États-Unis par milliers. C’est un des cinq principaux corridors utilisés par les trafiquants de drogue le long de la frontière», précise la DEA.

Les contrebandiers utilisent toutes sortes de moyens de transport: voitures, autobus, camions, avions commerciaux, petits aéronefs, hélicoptères, véhicules tout-terrain et motoneiges.

Bon an mal an, les policiers et les agents frontaliers américains réussissent à confisquer un peu plus d’une tonne d’ecstasy. La majeure partie de cette drogue provient de laboratoires clandestins canadiens, ajoute-t-on dans ce rapport.

2,5 millions d’usagers

Avec ses 2,5 millions de consommateurs annuels, le marché américain de la consommation d’ecstasy reste relativement «petit», d’après la DEA, qui chiffre à 33 millions le nombre d’adeptes actifs de la marijuana et à 4 millions celui de la cocaïne.

Il semble qu’aucune étude comparable n’ait été rendue publique, ni au Canada ni au Québec, pour établir si la pègre asiatique domine aussi le marché de l’ecstasy au pays ou dans la province.

‘ À Montréal, un récent rapport du SPVM révélait que 80 % de tous les plants de cannabis saisis par les policiers étaient maintenant issus de serres hydroponiques liées au crime organisé asiatique.

Les cartels mexicains ont pris le contrôle

«Aucune autre organisation criminelle ne peut rivaliser à court terme avec les dangereux cartels mexicains au sommet du marché américain de la drogue», écrit Chuck Rosen­berg, le patron de la DEA, dans le rapport annuel 2015 de cet organisme policier. Qualifiés de «violents» et «très sophistiqués», les cartels mexicains restent «la plus grande menace» en matière de trafic de drogue dans l’ensemble des États-Unis. Ils dominent les marchés de la cocaïne, de l’héroïne, de la méthamphétamine. Il en va de même pour la marijuana puisque la majeu­re partie des importations de pot aux États-Unis provient du Mexique, suivi du Canada et des pays des Caraï­bes. La DEA note que la mainmise des cartels mexicains a même gagné la côte Est des États-Unis. Plusieurs bandes criminelles d’importance ont créé des partenariats avec les cartels mexicains, qui sont devenus leurs principaux fournisseurs en stupéfiants.

La menace des émules de Breaking Bad

La DEA rapporte que le tiers des organismes policiers présents sur le territoire américain considèrent maintenant la méthamphétamine comme la plus menaçante parmi toutes les drogues de ce marché noir. La fabrication, le trafic et la consommation de crystal meth qui a inspiré la populaire télésérie Breaking Bad seraient liés à pas moins de 38 % de tous les crimes violents à l’échelle du pays, comparativement à 21 % pour l’héroïne, 13 % pour le crack et 6 % pour la marijuana. Les policiers s’inquiètent aussi du fait que l’offre de cette drogue chimique est de plus en plus importante à travers le pays et qu’elle pourrait même supplanter la cocaïne en raison de son prix moins élevé. La majeure partie de la méthamphétamine saisie aux États-Unis a été produite au Mexique, selon la DEA.

1,4 million de membres de bandes criminelles

Les gangs de rue accaparent pas moins de 88 % de tous les effectifs liés au crime organisé aux États-Unis, qui s’élevaient à 1,4 million de mem­bres actifs, selon la DEA. Le pays de l’Oncle Sam compte plus de 33 000 gangs criminalisés, comparativement à 900 au Canada. Les motards criminalisés comme les Hells Angels, les Bandidos et les Outlaws constituent à peine 2,5 % de tous les gangsters américains. Bien que les motards y représentent «une moins grande mena­ce» pour la sécurité publique que les gangs de rue, «leur présence reste problématique» en raison de leur structure bien établie, de leurs activités criminelles souvent «sophistiquées» et de leur recours à la violence. Les motards américains collaborent de plus en plus avec les cartels mexicains.

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