Drogue mortelle dans son lait

Drogue mortelle dans son lait

Un couple de Saint-Jérôme a été accusé, en toute fin de journée hier, à la suite du décès de son bébé de 52 jours, qui aurait été intoxiqué par de la méthamphétamine qui se trouvait dans le lait maternel.

La mère, Sandra Laverdure, a été inculpée d’homicide involontaire et de négligence criminelle ayant causé la mort.

La femme de 30 ans doit aussi répondre à deux autres chefs, soit d’avoir mis en péril la vie de son poupon par l’omission de lui fournir les choses nécessaires à l’existence et de s’être livrée à des gestes rendant les lieux impropres à la présence de l’enfant. Son conjoint, Mathieu-Charles Mongrain, 27 ans, fait également face à ces deux dernières accusations.

Le drame est survenu le 18 mai dernier, peu avant 8 h 30. On a constaté que la petite Magalie, de moins de deux mois, ne respirait plus. L’enfant gisait dans le lit du couple.

Examens poussés

Un appel a été fait au 9-1-1, mais l’intervention des secouristes dépêchés au logis de la rue Sainte-Lucie est restée vaine. Puisque la victime était âgée de moins de cinq ans, l’Unité des crimes majeurs de la Sûreté du Québec a pris charge de l’enquête.

L’autopsie pratiquée sur le corps du bébé n’aurait d’abord pas permis d’identifier avec certitude la cause du décès. Mais des examens plus poussés et des analyses toxicologiques ont récemment permis de déceler la présence de méthamphétamine dans le sang du bébé. On a aussi établi que l’enfant aurait en outre pu être écrasée par la mère dans son sommeil.

Selon nos informations, l’enquête a permis d’établir que les parents consommaient des drogues régulièrement. Des preuves démontreraient que la mère n’aurait pas cessé de s’adonner à cette pratique tandis qu’elle allaitait le bébé depuis sa naissance, voire pendant sa grossesse.

Antécédents judiciaires

La mère a des antécédents judiciaires en matière de possession de stupéfiants. Le père est quant à lui connu des policiers pour des dossiers de possession de stupéfiants, entrave au travail d’un agent, introduction par effraction et méfait.

Les cas de mères accusées d’avoir intoxiqué leur bébé en l’allaitant après avoir consommé de la drogue sont très rares. «Je n’ai jamais vu ce genre de cas dans ma carrière», avoue l’avocat criminaliste George Calaritis.

«Même si la personne ne voulait pas les conséquences de ses gestes, ce n’est pas un critère, dit-il. Pour cette accusation [de négligence criminelle], l’intention de la personne doit être évaluée par rapport à ce qu’une personne raisonnable aurait perçu comme conséquence à ce geste.»

Arrêtés hier par les enquêteurs de la SQ, Mme Laverdure et M. Mongrain ont brièvement comparu avant d’être envoyés en cellule. Les enquêtes sur remise en liberté auront lieu aujourd’hui, ou lundi prochain, au palais de justice de Saint-Jérôme.

Avec la collaboration de Sarah Bélisle et Michaël Nguyen

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