En concurrence avec les Américains

En concurrence avec les Américains

‘uvrant dans le milieu de la télévision depuis les années 1980, le journaliste, auteur et producteur Réjean Tremblay a remarqué que les budgets de production ont grandement fondu, ces dernières années.

«Pour Scoop, dans les années 1990, on avait 900 000 $ par épisode. C’était la même chose pour Lance et compte, avec 12 millions $ pour 13 épisodes. Là, pour la prochaine saison des Jeunes Loups, je vais avoir 550 000 $ par épisode… Les budgets baissent d’un million par année pour une saison.»

SCOOP 900 000 $ par épisode

Comme auteur, Réjean Tremblay reconnaît que la diminution des budgets influence son écriture. «Avec Les Jeunes Loups, il faut que je pense constamment à mettre plus de scènes dans la salle de rédaction au lieu de scènes exté­rieures. Les opérations de police sont moins nombreuses. Il faut faire des compromis. […] Le point positif, c’est que ça oblige à resserrer la dramatique.»

Les jeunes Loups 550 000 $ par épisode

Contre l’étranger

Avoir moins d’argent pour ses épisodes, Réjean Tremblay admet qu’il pourrait bien vivre avec ça «si les séries comparables avaient les mêmes budgets et les mêmes tendances». À ce sujet, il fait référence aux House of Cards, Narcos et autre Orange Is The New Black, qui deviennent des concurrents.

«Le salaire de l’acteur principal d’une de ces séries est le double de nos budgets pour toute la série, mentionne-t-il. On essaie d’être comparable en termes de qualité si on veut que les 20-30 ans regardent nos séries.»

«Avant, on avait des télé­romans avec des décors en carton. Mais on avait juste ça, ajoute-t-il. Aujourd’hui, ce n’est plus ça. On a accès à la télévision du monde entier.»

«C’est sûr qu’il y a moins d’argent dans le système.»

Les compressions dans la culture de l’ancien gouvernement conservateur ont fait mal aux productions télévisuelles, selon Hélène Messier, présidente et directrice générale de l’Association québécoise de la production médiatique (AQPM).

Mais l’élection du gouvernement Trudeau et ses promesses d’injecter de l’argent dans le milieu pourrait changer la donne, dit Hélène Messier.

Photo d’archives

Hélène MessierElle représente
les producteurs

«Le gouvernement devra s’assurer qu’il y a une bonne partie de cet argent-là qui va aller dans la production», dit-elle.

Elle indique que l’une des principales sources de financement pour les productions en télévision, le Fonds des médias du Canada, a vu ses ressources diminuer.

«Le Fonds des médias est alimenté par les contributions des câblodistributeurs. Comme il y a de moins en moins de gens qui s’abonnent au câble, il y a moins de redevances qui vont dans le Fonds des médias. Radio-Canada, la SODEC et Téléfilm Canada ont aussi vu leurs fonds diminuer.»

Hélène Messier aimerait que les fournisseurs de contenu participent équitablement au financement.

L’arrivée de nouveaux joueurs comme Netflix a incité plusieurs consommateurs à délaisser leur abonnement au câble. Le problème’ Ni Netflix ni les fournisseurs d’accès à internet ne participent au financement des contenus qu’ils présentent.

«On devrait injecter plus d’argent dans le système en faisant contribuer tous les gens qui profitent de ce contenu-là.»

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