Fentanyl, portrait d’une drogue puissante et meurtrière

Fentanyl, portrait d'une drogue puissante et meurtrière

La police a frappé un grand coup, la fin de semaine dernière, en démantelant un laboratoire clandestin à Dorval. L’entrepôt servait à la production de fentanyl, une drogue très puissante qui a entraîné plusieurs décès au Canada entre 2009 et 2014.

«Le centre canadien de lutte contre les toxicomanies a répertorié 655 cas. Pour le Québec, de 2009 à 2013, on a 40 cas», a expliqué lundi la Dre Maude-St-Onge du Centre antipoison du Québec.

Le fentanyl est un analgésique qui est apparu pour la première fois en Belgique dans les années 50. Il est entre autres utilisé en soins palliatifs pour soulager la douleur. Cette drogue a fait trois victimes âgées de 19 à 44 ans à Québec depuis le début de l’année.

«Il y a des gens qui ont des douleurs chroniques. Eux peuvent se le faire prescrire par leur médecin, […] mais habituellement, c’est sous la forme de timbres cutanés.»

Il y aussi certaines personnes qui font le trafic de produits pharmaceutiques.

«Ça ressemble à des « patchs » pour arrêter de fumer. C’est un petit bout de plastique comme ça, et les gens vont, parfois avec du vinaigre, réussir à absorber la médication qu’il y a là-dedans sans avoir la colle, pour pouvoir ensuite s’injecter la dose de fentanyl. Il y a des gens qui vont couper les « patchs » et qui vont les mâcher, pour avoir une absorption sublinguale», a indiqué la Dre Marie-Ève Morin, directrice de la Clinique Camélon.

Il y a aussi l’importation au Canada de poudre provenant d’Asie et transformée dans des laboratoires clandestins.

«C’est une pilule qui imite l’oxycodone, qui est une sorte de morphine que les gens utilisent assez facilement sur la rue. Le fentanyl, on estime que ça peut être jusqu’à 40 fois plus puissant que de l’héroïne, et 50 à 100 fois plus puissant que de la morphine. Il y a de hauts risques de surdose, justement, d’arrêt respiratoire et ultimement de décès», a ajouté Dre Morin.

La direction de la Santé publique a enregistré 11 décès à la suite de surdoses de drogue depuis le mois de mai à Montréal. Aucune de ces morts n’était reliée au fentanyl. Mais cela ne veut pas dire que la pilule bleue ne circule pas dans la métropole du Québec.

La seule façon de contrer les surdoses, c’est d’utiliser la naloxone, un antidote. Les ambulanciers en ont. La Santé publique de Montréal a donné des trousses à 50 travailleurs sociaux et proches de consommateurs.

«Depuis la mi-juin, on a déjà permis de sauver trois vies avec l’utilisation de la naloxone», a conclu la Dre Carole Morissette de la direction de la santé publique, Montréal.

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