Frais accessoires, le ministre Barrette n’a pas cédé aux menaces d’Ottawa

Frais accessoires, le ministre Barrette n'a pas cédé aux menaces d'Ottawa

MONTRÉAL Le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, n’a pas été cédé à la pression de son homologue fédérale Jane Philpott sur la question des frais médicaux accessoires.

Il faut dire que ces frais, facturés aux patients par les médecins, constituaient une épine dans le pied du gouvernement depuis plusieurs mois. En mai dernier, la vérificatrice générale, Guylaine Leclerc, avait soutenu dans un rapport que la facturation de ces frais échappait complètement au contrôle de la Régie de l’assurance maladie du Québec et du ministère de la Santé.

Quelques semaines auparavant, la Fédération de l’âge d’or du Québec (FADOQ) avait déposé une requête devant la Cour fédérale du Canada, avec l’appui d’une vingtaine d’organismes dont l’Association médicale du Québec, dans le but de «forcer» Santé Canada à empêcher la surfacturation des frais accessoires qui, selon elle, compromettait l’accessibilité aux soins de santé.

La semaine dernière, le ministre Gaétan Barrette a annoncé la fin de ces frais, qui consistaient à demander aux patients de payer pour des analyses de sang ou d’urine ou encore pour des gouttes ophtalmologiques. Selon le ministre, les médecins recevaient au moins 13 millions $ annuellement en frais accessoires pour des soins couverts par la Régie de l’assurance maladie.

Lundi, La Presse a révélé que la ministre Jane Philpott avait fait parvenir une lettre au ministre Barrette, dans laquelle elle dit qu’en raison de ces frais accessoires, le fédéral amputera les transferts versés au Québec pour les années où ces frais ont été exigés aux patients.

«Le fédéral n’a rien fait pendant 40 ans sur les frais accessoires», a lancé Gaétan Barrette lundi. Il estime que cette man’uvre n’est qu’une forme d’excuse pour diminuer les transferts en santé.

Sans s’avancer sur le ton ou la nature de sa relation avec son homologue fédérale, le ministre Barrette a qualifié la lettre reçue de «triste», précisant qu’il a toujours eu l’intention d’abolir les frais accessoires. Pour M. Barrette, cette correspondance était inutile et n’était qu’une simple manoeuvre politique. 

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