Fraude, Carole Morinville déjà sortie du pénitencier

Fraude, Carole Morinville déjà sortie du pénitencier

MONTRÉAL – L’ex-conseillère financière qui avait fraudé 60 petits investisseurs pour vivre une vie de princesse a obtenu sa semi-liberté, après avoir purgé à peine plus de six mois de pénitencier.

Carole Morinville, 56 ans, est déjà en maison de transition. Car même si ses crimes ont réduit en fumée les projets de vie de certaines de ses victimes, rien ne justifiait de la garder derrière les barreaux, a tranché la Commission des libérations conditionnelles du Canada [CLCC] dans une récente décision.

«Le seul critère que la Commission doit prendre en considération est celui du risque que vous présentez à commettre une infraction de nature violente d’ici la fin [de la peine]», peut-on lire dans la décision.

Morinville avait pourtant été condamnée à trois ans et demi d’incarcération, en avril dernier.

«Les délits ont été soigneusement planifiés et sont échelonnés […] sur près de huit ans, ont rappelé les commissaires. Vous avez utilisé un stratagème de Ponzi. Pour éviter que les victimes se doutent de quelque chose, vous êtes même allée jusqu’à fabriquer des faux documents.»

En tout, Morinville avait floué une soixantaine de petits investisseurs pour une valeur nette de plus de 3,7 millions $. Les deux tiers des montants ont été remboursés, soit par la fraudeuse, soit par l’Autorité des marchés financiers.

Tout l’argent servait à payer des sorties au resto, des voyages dans des coins paradisiaques ou même un chauffeur lors de ses séjours à Paris. Quand elle a appris qu’elle faisait l’objet d’une enquête, elle avait transféré ses biens immobiliers à son mari.

Une fois au pénitencier, Morinville semble toutefois avoir compris tous les torts qu’elle avait causés. Elle aurait même montré des remords envers ses victimes.

«Votre équipe de gestion de cas [ECG] évalue vos niveaux de responsabilisation et de motivation élevés, tout comme votre potentiel de réinsertion sociale», ont noté les commissaires.

Par contre, il reste encore des progrès à faire, comme du bénévolat par exemple.

«Selon votre ECG, cela vous permettrait de développer des qualités d’altruisme et en quelque sorte redonner à la société», indiquent les commissaires qui l’ont obligé à effectuer 7 heures de bénévolat par semaine.

Et même si Morinville est sortie du pénitencier, elle devra quand même se soumettre à plusieurs conditions, dont de trouver un emploi, de ne pas être responsable d’investissements pour un tiers, et de divulguer ses informations financières à un surveillant des libérations conditionnelles.

Il lui sera également interdit de communiquer avec ses victimes, «sauf avec l’autorisation écrite» d’un surveillant.

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