General Electric renonce à vendre sa division d’électroménager à Electrolux

General Electric renonce à vendre sa division d'électroménager à Electrolux

Le conglomérat américain General Electric (GE) a annoncé lundi avoir définitivement renoncé à céder sa division d’électroménager à Electrolux, une transaction de 3,3 milliards $ dont l’échec fait chuter de plus de 10 % l’action du groupe suédois.

En annonçant l’accord avec GE en septembre 2014, Electrolux avait expliqué que cette acquisition, la plus importante de son histoire, lui permettrait de doubler ses ventes aux États-Unis et de défier sur son propre marché Whirlpool, auquel il aurait en outre ravi le titre le numéro un mondial.

Mais en juillet, le ministère américain de la Justice a demandé à la justice fédérale d’empêcher l’opération au motif qu’elle limiterait la concurrence et permettrait des hausses de prix allant jusqu’à 5 %.

Il a ensuite rejeté en octobre une proposition de cession d’actifs soumise par Electrolux, propriétaire entre autres des marques Frigidaire, Kenmore et Tappan.

« C’est une déception majeure pour Electrolux », a commenté lundi Karri Rinta, analyste d’Handelsbanken Capital Markets.

À la Bourse de Stockholm, l’action Electrolux a ouvert en baisse de 14 % et s’affichait à 213,90 couronnes (environ 25,20 $ US), en baisse de 10,5 %, à 10 h 55 GMT après un creux à 203,20.

Le titre, qui connaît sa pire séance depuis 2011, affiche la plus mauvaise performance de l’indice Stoxx 600 et est désormais dans le rouge sur 2015.

« Nous sommes déçus mais absolument pas abattus », a déclaré le directeur général du suédois, Keith McLoughlin, lors d’une téléconférence. « Il s’agit d’un marché très important, mondial, en croissance, et nous pensons qu’Electrolux est en bonne position pour profiter de cette croissance. »

Il a ajouté que son groupe entendait « poursuivre un processus solide » de fusions-acquisitions, sans toutefois plus de précision.

En 2014, Electrolux a réalisé en Amérique du Nord environ 33 % de son chiffre d’affaires de 112 milliards de couronnes (environ 13 milliards $ US), contre environ 35 % en Europe, où il est numéro un.

Pour David Hallden, d’UBS, l’un des rares analystes défavorables à l’accord avec GE en raison du prix consenti, Electrolux devrait se concentrer sur la croissance organique en misant sur la vigueur du marché américain et la reprise en Europe.

« Je crois qu’Electrolux devrait résister à la tentation des acquisitions », a-t-il dit.

Face aux accusations du ministère de la Justice, Electrolux faisait valoir que la pénétration croissante de marques étrangères aux États-Unis, notamment les sud-coréens Samsung et LG Electronics, diluaient son pouvoir sur le marché américain.

Les autorités américaines s’inquiétaient aussi qu’Electrolux, avec le rachat de l’électroménager de GE, et Whirlpool concentrent 90 % du marché des fours et plaques de cuisson vendus aux constructeurs de maisons et promoteurs aux États-Unis.

GE a demandé le versement d’une pénalité de rupture de 175 millions $ qui était prévue par l’accord de fusion.

Le groupe américain, dans son communiqué, ajoute qu’il recherchera d’autres opportunités pour céder son activité d’électroménagers. 

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