Hillary Clinton dévoilera son dossier médical

Hillary Clinton dévoilera son dossier médical

La santé des candidats est un enjeu de la campagne électorale présidentielle américaine, a indiqué plus tôt Donald Trump, qui se refuse toutefois à commenter la maladie de sa rivale démocrate.

« J’espère seulement qu’elle se remettra, qu’elle reviendra dans la campagne et que nous la verrons au débat », s’est contenté de dire Donald Trump en entrevue téléphonique avec le réseau Fox. 

Hillary Clinton reviendra sur le terrain prochainement, mais elle n’a pas précisé de date. D’ici là, son mari, l’ex-président Bill Clinton, fera campagne en son nom en Californie et au Nevada.

Trump promet de publier ses résultats d’examens médicaux

« La semaine dernière, j’ai passé des examens [de santé] et je vais publier les résultats dès qu’ils arriveront », a affirmé Donald Trump. Bien qu’il ait déclaré refuser de politiser la maladie de sa rivale démocrate, M. Trump n’a pu s’empêcher de lui décocher une flèche : « J’espère que les chiffres seront bons. J’en suis sûr, d’ailleurs, sinon je ne vous en parlerais pas, n’est-ce pas’ », a-t-il dit sur la chaîne CNBC.

Je crois que c’est un enjeu. De fait, j’ai moi-même subi un examen médical la semaine dernière. Et quand j’aurai les résultats, je les divulguerai.

Donald Trump

L’équipe Trump a confié à plusieurs médias vouloir « faire preuve de respect » envers Mme Clinton. La chaîne de télévision CNN soutient que le clan républicain a donné à ses membres l’ordre de ne rien diffuser sur les médias sociaux à ce sujet.

L’agence Bloomberg a également relayé cette information, citant des sources proches de Donald Trump.

La campagne électorale peut prendre une autre tournure « dans la mesure où on ne sait pas encore ce qu’il en est de son état de santé », estime Rafael Jacob, chercheur associé de l’Observatoire sur les États-Unis à la Chaire Raoul-Dandurand de l’UQAM.

« D’ici là, il y a quand même une composante qui est problématique pour elle et qui dépasse le simple cadre de la santé personnelle et qui a affaire à la transparence ». Cela a pris plusieurs heures avant que l’équipe de campagne admette publiquement ce qu’il se passait, dimanche après son malaise, alors que le diagnostic de pneumonie datait de vendredi.

La transparence dans la campagne de Mme Clinton est problématique depuis le tout début, selon le chercheur associé, qui fait le parallèle avec l’histoire des courriels. « Rien ne garantit qu’elle rendra public son rapport médical complet », lance-t-il.

D’autres analystes vont même jusqu’à émettre l’hypothèse que les conséquences de cette pneumonie cachée pourraient aller jusqu’à un éventuel remplacement d’Hillary Clinton si elle devait jeter définitivement l’éponge avant l’élection présidentielle.

Si le candidat républicain affirme vouloir faire preuve de respect envers son adversaire, Donald Trump ne s’était pourtant pas privé d’alimenter des rumeurs circulant sur Internet au sujet de la santé de Mme Clinton au cours des dernières semaines. Il avait notamment remis en doute la capacité de Mme Clinton à prendre les rênes de la présidence américaine en raison de sa santé fragile.

Un malaise en public

Hillary Clinton, 68 ans, a eu un malaise pendant les cérémonies de commémoration des attentats du 11 Septembre, dimanche, à New York. Après avoir retenu l’information pendant deux jours, son équipe de campagne a finalement révélé qu’elle souffrait d’une pneumonie.

La candidate démocrate a dû annuler ses activités pour les deux prochains jours. Mme Clinton devait se rendre en Californie, l’un des États clés pour les élections américaines. Mme Clinton s’est réfugiée à son domicile de Chappaqua, près de New York, afin de se refaire une santé.

La date du diagnostic de la pneumonie de Mme Clinton et sa divulgation survenue deux jours plus tard ont lancé un débat sur la culture du secret dans son entourage.

« Une pneumonie, ça se traite avec des antibiotiques. Comment guérit-on d’un penchant malsain pour le secret qui crée des problèmes inutiles à répétition’ », s’est demandé sur Twitter un ancien bras droit de Barack Obama, David Axelrod.

« Nous aurions pu mieux faire hier, mais il est avéré que le grand public en sait plus sur HRC [Hillary Rodham Clinton] que sur n’importe quel autre candidat de l’histoire », lui a répondu Jennifer Palmieri, communicante de l’équipe Clinton.

Un bilan de santé pour Trump

Le clan républicain insinue depuis plusieurs semaines que Mme Clinton est malade et son candidat, Donald Trump, l’accuse de manquer d’énergie. Afin de faire taire les insinuations, Mme Clinton a publié une lettre de son médecin en juillet 2015 qui détaillait les médicaments qu’elle prend. La candidate démocrate prend des anticoagulants et des antihistaminiques contre les allergies saisonnières.

Hillary Clinton souffre également d’hypothyroïdie. L’ancienne secrétaire d’État a aussi été victime de thromboses en 1998 et 2009 ainsi que d’une commotion cérébrale qui avait généré un caillot à la tête en 2012.

De son côté, Donald Trump a publié une lettre du médecin Harold Bornstein attestant vaguement de l’« excellente santé » de M. Trump.

Peu importe le vainqueur de l’élection présidentielle, il deviendra le plus vieux président américain. Hillary Clinton – elle aura 69 ans lors du scrutin – égalerait la marque de 69 ans établie par Ronald Reagan, alors que Donald Trump, à 70 ans, deviendrait le plus âgé.

La pneumonie en 10 points :

C’est une inflammation des poumons, le plus souvent causée par une bactérie ou un virus;
Elle entraîne une accumulation de pus, de sécrétions et de liquides dans les alvéoles pulmonaires;
Les cas de pneumonie sont très fréquents. De 200 000 à 300 000 Canadiens en sont atteints chaque année. Environ 1500 adultes canadiens en meurent annuellement, surtout des personnes âgées;
Les symptômes sont semblables à la grippe et incluent de la fièvre, des maux de tête, des courbatures et une gêne respiratoire;
Les personnes les plus vulnérables sont les enfants, les personnes âgées, les personnes souffrant d’une maladie chronique;
La majorité des pneumonies se guérissent habituellement en deux semaines;
La plupart des pneumonies sont transmises de la même façon que la grippe ou le rhume (contact des mains et par de fines gouttelettes projetées par la bouche et le nez);
Les mêmes virus qui causent le rhume ou la grippe peuvent causer la pneumonie. Si le virus atteint les voies respiratoires supérieures, il s’agit d’un rhume ou une grippe. Si le virus atteint les poumons, c’est la pneumonie;
Le traitement est d’une durée de 7 à 10 jours environ, mais il peut se prolonger dans certains cas;
Il ne faut jamais présumer de la guérison d’une pneumonie; des rechutes sont possibles et elles sont plus graves que la maladie elle-même.

(Association pulmonaire du Québec)

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