Huard en baisse Américains en hausse dans les pourvoiries

Huard en baisse Américains en hausse dans les pourvoiries

Avec la dégringolade de notre dollar, les vacances de chasse et pêche sont devenues de véritables aubaines pour les touristes américains, qui sont de plus en plus nombreux à lorgner les pourvoiries de la province.

«Déjà cet hiver, ils sont plus nombreux à venir faire de la motoneige», remarque Paul Ouimet, de la pourvoirie des 100 lacs dans les Hautes-Laurentides.

Son téléphone ne dérougit pas non plus en vue de la chasse à l’ours ce printemps et il affiche déjà complet.

Propriétaire de la pourvoirie Tamarac au réservoir Gouin, en Haute-Mauricie, Jean Blanchard remarque lui aussi cet engouement des Américains.

«Plusieurs préfèrent payer en totalité maintenant pour profiter au maximum de la faiblesse du huard», dit-il, ajoutant que les réservations sont plus nombreuses.

Dans le même secteur, Ghislain Gauthier, de la pourvoirie Martin, a beaucoup de nouveaux clients américains qui n’hésitent pas à réserver «les plus gros forfaits».

En effet, l’autre bonne nouvelle pour les pourvoyeurs, c’est qu’avec un dollar canadien qui vaut 71 ¢ US, les Américains n’hésitent pas à dépenser davantage. «Il y a plus de bouteilles de vin autour de la table», raconte Paul Ouimet au sujet des touristes qu’il reçoit actuellement en motoneige.

Les Européens forment aussi une bonne partie de la clientèle des pourvoiries québécoises et pour eux aussi le taux de change actuel est très avantageux.

«C’est toute une aubaine pour eux», déclare la directrice des ventes à la Société des établissements de plein air du Québec (SÉPAQ), Paule Riverin.

L’île d’Anticosti est la seule réserve faunique du Québec à avoir le statut de pourvoirie, ce qui lui permet de promouvoir la chasse au ­chevreuil sur son terri­toire.

Lors d’un salon qui s’est tenu à la mi-janvier au Vermont, les visiteurs étaient prêts à réserver sur-le-champ, selon Mme Riverin. Sans pouvoir quantifier la hausse, SÉPAQ Anticosti s’attend en 2016 à des résultats supérieurs aux années précédentes.

«Nous espérons aussi que les Québécois ­seront plus nombreux à rester ici en raison du taux de change», poursuit Paule Riverin.

Avec un dollar aussi faible, plusieurs pourvoiries s’attendent à ce que les Québécois délaissent les plages du Maine pour celles des lacs de la province.

«Il y a regain d’intérêt localement dans les réservations», soutient Jean-Guy Boudreault, copropriétaire du Club Bataram, une pourvoirie de Charlevoix.

Quand la météo joue des tours aux pourvoiries

Des motoneiges remplacées par des véhicules tout-terrain et de la pêche sur glace qui devient de la pêche sur quai, rien ne freine les pourvoiries qui doivent improviser selon les caprices de dame Nature.

Cet hiver, Sébastien Dumoulin, le propriétaire de la pourvoirie

Mekoos, dans les Hautes-Laurentides, a dû faire preuve d’imagination pendant le temps des Fêtes.

«Nous attendions 250 Européens et il n’y avait pas de neige», raconte-t-il. Impossible de leur offrir les activités hivernales qui leur avaient été promises.

«Nous nous sommes débrouillés», déclare-t-il fièrement. Ainsi, plutôt que de monter sur une motoneige, les touristes se sont promenés dans les sentiers en véhicules tout-terrain (VTT).

Les quais, qui avaient été rangés, ont été réinstallés au bord du lac pour leur permettre de pêcher, car la pêche blanche n’était simplement pas envisageable.

Il a même fait l’achat de petits buggys, d’autres véhicules tout-terrain, pour remplacer les traîneaux à chiens, qui sont très prisés de la clientèle européenne.

Si les activités hivernales ont repris leur place à sa pourvoirie, ­il n’en demeure pas moins qu’il y a juste assez de neige pour circuler sur les sentiers en motoneige.

Avec des réservations jusqu’à la mi-mars, il espère que la neige restera au sol le plus longtemps possible.

«Sinon, nous referons la même chose qu’à Noël», dit-il en riant.

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