Il a poursuivi une femme enceinte pendant une heure sur l’autoroute

Il a poursuivi une femme enceinte pendant une heure sur l'autoroute

TROIS-RIVIÈRES | Un Montréalais qui a terrorisé une femme enceinte en la pourchassant pendant une heure sur l’autoroute pour lui offrir des fleurs devra subir un examen psychiatrique afin d’évaluer sa dangerosité.

Coupable de harcèlement criminel, Nizar Ghalmi a donné du fil à retordre au juge Jacques Lacoursière, hier.

L’individu d’origine marocaine était constamment surveillé par trois constables du palais de justice de Trois-Rivières.

C’est que l’homme de 32 ans semble hautement imprévisible, à l’image du crime qu’il a commis, entre juillet et septembre 2014.

Ghalmi a croisé la victime pour la première fois quand il a été congédié d’une usine agroalimentaire de Boisbriand, où la jeune femme travaillait aussi.

Pour lui, ça a été comme un coup de foudre.

Quelques semaines plus tard, il a attendu la jeune femme à sa sortie du travail pour lui démontrer son intérêt.

Un intérêt qui n’était pas réciproque, la jeune femme étant en couple et enceinte.

Le refus de la victime n’a pas dissuadé Ghalmi. Le 17 septembre 2014, il lui a barré la route en voiture après sa journée de travail.

Apeurée, la jeune femme l’a esquivé. Il l’a pourchassée pendant une heure sur l’autoroute, entre Boisbriand et Maskinongé… pour lui donner un bouquet de fleurs.

«J’étais paniquée, anxieuse. À ce moment-là, j’avais peur de faire une fausse couche. J’avais peur qu’il me fasse prendre le champ», a témoigné la victime au procès.

Sans cellulaire, la jeune femme a roulé jusqu’à un Tim Hortons pour appeler le 9-1-1.

Ghalmi l’y a suivie. «Je lui ai dit: t’es un hos*** de malade. Je ne veux rien savoir. Cri** ton camp sinon j’appelle la police’», a raconté la victime au tribunal.

Près de deux ans après les faits, Ghalmi criait toujours à l’injustice, hier. Il a imploré le juge de «le laisser vivre sa vie».

«Je vous en prie. Je suis prêt à changer de vie, à changer de province. Il faut me rendre ma vie, votre Honneur», a-t-il répété, mettant à l’épreuve la patience du magistrat.

Même son avocate n’arrivait pas à lui faire entendre raison. «C’est impossible de discuter avec mon client, a annoncé Me Karine Bussière de la défense.

Photo Agence QMI, Andréanne Lemire

Me Karine Bussière, avocate de la défense

«Je n’ai jamais vécu ça. Je ne sais pas quoi faire, mais je sais que M. Ghalmi a besoin d’aide», a-t-elle poursuivi.

Le juge a ordonné qu’il soit évalué à l’Institut Philippe-Pinel d’ici l’automne.

«C’est un cas très particulier», a-t-il noté.

Ce qu’ils ont dit

«Je n’en peux plus d’être traité comme un criminel. Ce que j’ai fait à la base, c’est offrir des fleurs à une personne.»

– L’accusé Nizar Ghalmi

«C’est une sentence de mort que vous me proposez aujourd’hui, votre Honneur, mais vous ne le savez pas encore.»

– L’accusé Nizar Ghalmi

«[La victime] est terrorisée, avec raison. J’ai demandé une évaluation de sa dangerosité. Monsieur semble avoir des problèmes psychologiques»

– Me Marie-Ève Paquet, procureure de la Couronne

«[Pour l’évaluer], ça va prendre quelqu’un qui a une facilité d’approche qui n’est pas donnée à tout le monde, et beaucoup de patience.»

– Le juge Jacques Lacoursière

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