Il est un papa professionnel depuis une douzaine d’années

Il est un  papa professionnel  depuis une douzaine d'années

Ghassan Assio a aidé près de 250 hommes depuis 12 ans à apprivoiser leur nouveau rôle de père et à se rapprocher de leur enfant, ce qui fait de lui un «papa professionnel».

En tant que père-visiteur pour la Fondation de la visite, Ghassan Assio se rend régulièrement au domicile de nouveaux parents pour accompagner les papas qui éprouvent des difficultés ou qui sont inquiets à propos de leur paternité.

«Je les aide à surmonter certains obstacles, que ce soit de trouver des sous pour acheter des biens matériels comme un moïse ou une poussette, ou de développer leur confiance en eux pour prendre soin de leur enfant, explique-t-il. Ça peut même aller jusqu’à les aider quand ils ont des problèmes avec la justice et qu’ils craignent de perdre la garde de leur enfant, par exemple.»

Un modèle à suivre

Plutôt que de prodiguer des conseils aux pères qu’il rencontre, ce Montréalais de 59 ans préfère leur servir d’exemple.

«J’essaie surtout d’être un modèle de paternité pour ces hommes-là, qui n’ont parfois pas eu un père très présent eux-mêmes, indique M. Assio. Souvent, je m’assois avec eux et leur enfant par terre, je mets le bébé sur leurs genoux et je joue avec lui, pour leur montrer comment s’y prendre.

«Quand les papas entendent les rires de leur enfant, on dirait qu’ils découvrent quelque chose de nouveau et de très beau, qui leur donne envie de faire des sacrifices pour leur famille par la suite», ajoute-t-il alors qu’un grand sourire illumine son visage.

Son propre père absent

Ayant lui-même trois enfants et quatre petits-enfants, Ghassan Assio s’implique dans la Fondation de la visite afin de transmettre à d’autres son amour de la famille.

«Pour moi, la famille, c’est le noyau d’une communauté, dit-il. Alors je me suis dit: si je peux apporter quelque chose, ne serait-ce qu’à une seule famille, je vais avoir fait en sorte que la société soit plus en santé.»

Lorsque M. Assio grandissait en Syrie, son propre père était rarement à la maison, puisqu’il voyageait continuellement pour le travail.

«Alors quand j’ai eu des enfants, j’ai décidé de leur donner tout ce que j’aurais voulu que mon père me donne, c’est-à-dire du temps de qualité, confie-t-il. Je faisais des sorties avec chacun d’eux, je les amenais à la pêche ou on passait une journée à La Ronde.»

Cinq premières années

Selon lui, plus un père est présent pour son enfant au cours des cinq premières années de son existence, mieux le bambin sera outillé pour affronter la vie. «Ça fait en sorte que l’enfant s’épanouit davantage et développe une plus grande confiance en lui», affirme le père-visiteur.

Ghassan Assio répète d’ailleurs souvent aux pères qu’il côtoie de profiter de chaque moment près de leur progéniture. «Je leur explique que les instants passés avec leur enfant sont précieux, irrécupérables. Et que ce sont des souvenirs que leur enfant va conserver toute sa vie.»

Ce qu’il a dit

« Quand j’accompagne des papas qui s’améliorent, je vois la fierté d’être père dans leurs yeux, la valorisation que ça leur donne.»

« Certains pères sont si heureux du lien qu’ils ont développé avec leur enfant qu’ils viennent me voir pour me dire qu’ils en veulent d’autres. Ça, c’est la plus belle récompense.»

« Depuis quelques années, les pères s’impliquent de plus en plus avec leur famille. Mais il reste encore beaucoup de travail à faire.»

Ghassan Assio

Ses secrets pour être un bon père

Le secret pour être un bon papa’ Il n’y en a qu’un, affirme le père-visiteur Ghassan Assio: savoir ouvrir son c’ur.

Un cadeau

«Quand des hommes me demandent ce qu’il faut pour être un bon père, je leur réponds: il n’y a pas de livre pour apprendre à être père. Ouvre ton c’ur et sois attentif. Remarque les sourires et les regards que t’envoie ton petit. Un enfant, c’est le plus beau cadeau que le ciel peut te donner.»

C’est, entre autres, ce que M. Assio a recommandé à Jonathan Mathias, un jeune papa qu’il accompagne depuis la naissance de sa petite Soumaya, en mars dernier.

«Au début, ce qui me rendait le plus inquiet, c’était les pleurs, se souvient M. Mathias. Je ne savais pas du tout ce que je devais faire, si ça voulait dire qu’elle avait faim, ou froid, ou qu’elle avait besoin d’être changée. Alors Ghassan m’a donné des trucs pour mieux comprendre ce qu’elle voulait.»

Présence rassurante

Pour l’homme qui est toujours aux études, le seul fait de savoir que Ghassan Assio est là pour lui venir en aide lui a permis de prendre confiance en lui.

«Je sais que je peux l’appeler à 4 h du matin et lui demander: Ghassan, Ghassan, qu’est-ce que je fais » C’est rassurant», indique M. Mathias.

Ghassan Assio appelle souvent le nouveau papa aussi pour le tenir au courant des activités familiales qui se tiennent à Montréal.

«Comme ma conjointe a porté notre fille pendant neuf mois, au départ, je sentais qu’elles étaient plus proches l’une de l’autre, explique Jonathan Mathias. Mais à force de passer du temps de qualité avec Soumaya, j’ai vraiment développé mon lien avec elle.»

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