Ils marchent pour protéger les enfants

Ils marchent pour protéger les enfants

Près d’une centaine de personnes qui réclament que le gouvernement du Québec se dote d’un registre public des délinquants sexuels «pour protéger les enfants» ont marché bruyamment dans les rues de Montréal, lundi après-midi.

Selon l’organisatrice de «La Marche Blanche», Sophie Dupont, le temps a joué les trouble-fêtes alors qu’elle aurait souhaité que plus de 500 personnes se déplacent pour l’occasion.

«Si on veut que la cause avance, il faudrait vraiment que la population se lève et envoie un message clair au gouvernement. On a besoin de ce registre», lance celle qui lutte depuis plus de 10 ans pour cette cause, alors qu’un membre de sa famille a été victime d’une agression par un homme qui avait des antécédents en la matière.

En 2007, Mme Dupont avait déposé une pétition de 70 000 noms au gouvernement pour lui demander d’agir.

Le sénateur Pierre-Hugues Boisvenu, qui milite depuis des années pour un tel registre après que sa fille Julie eut été assassinée, en 2002, a pris part à la marche.

«Lorsqu’on libère quelqu’un qui représente un danger pour la population, la priorité devrait être la sécurité de la société. Il ne faut plus qu’il y ait de victimes de récidivistes, ça ne doit plus arriver aujourd’hui», a affirmé le sénateur.

Le député de Beauce-Nord de la Coalition avenir Québec, André Spénard, a également démontré son appui à la cause.

«[S’il y avait un registre public], ça ferait en sorte que les récidivistes y penseraient à deux fois, parce que nos lois ne sont pas très sévères. […] Ça serait un outil de prévention qui serait fort important», a indiqué le porte-parole de la CAQ en matière de sécurité publique.

Le passage de la manifestation s’est fait de façon très remarquée, puisque 12 motards du groupe Bikers Against Child Abuse ont mené la marche, faisant vrombir les moteurs de leurs bécanes.

«Nos lois sont trop faibles, donc nous sommes là pour ramasser les morceaux», a lancé le président de la section montréalaise, qui veut se faire identifier sous le nom de CC Rider.

Plusieurs participants de la marche ont indiqué au Journal être présents en soutien à un proche ayant été victime d’un délinquant récidiviste.

Ce qu’ils ont dit

«Il y aurait une photo récente de l’individu, les crimes pour lesquels il a été puni […] ça montrerait qu’il habite dans tel secteur, sans montrer l’adresse, car on ne veut pas de chasse aux sorcières. Ça permettrait aux parents d’avertir leurs enfants.»

André Spénard, député de Beauce-Nord de la Coalition avenir Québec

«On a des politiciens qui sont trop préoccupés de leur image et pas assez pour la protection de la population. Moi, ce que je dis à Jean-Marc Fournier, Martin Coiteux et Philippe Couillard, ayez un peu de courage et adoptez un tel registre, comme l’Ontario l’a fait, comme le Manitoba.»

Pierre-Hugues Boisvenu, sénateur

«On a besoin enfin d’agir à titre préventif et non pas après qu’un crime soit commis. À ce moment-là, c’est déjà trop tard, un crime de trop.»

Sophie Dupont, organisatrice de la marche

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