Je ne voulais pas passer pour une sans-coeur de grand-mère!

Je ne voulais pas passer pour une sans-coeur de grand-mère!

Plusieurs organismes et le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) s’unissent pour contrer le fléau de la maltraitance envers les aînés.

Environ 10 % d’entre eux sont victimes d’abus de toutes sortes et jusqu’à 80 % de ces crimes ne seront jamais dévoilés.

En mars dernier, une dame de 84 ans a reçu un appel. Un homme en pleurs se faisant passer pour son petit-fils, lui réclamait 5000$ pour être libéré de prison, où il venait d’être conduit.

«Il m’a demandé d’aller à la banque prendre l’argent», a-t-elle confié au journaliste de TVA Nouvelles.

Quelques heures plus tard, un homme dans la quarantaine qui se faisait passer pour le père de l’ami de son fils est venu chercher l’argent. Son petit-fils lui a fait comprendre par la suite qu’elle a été victime d’un vol.

«Je ne voulais pas passer pour une sans-coeur de grand-mère!» se défend Mme Cloutier, en larmes.

Repérer les victimes

Dans le quartier Villeray Petite-Patrie, plusieurs organismes et policiers luttent contre les abus envers les aînés.

«La difficulté, c’est le repérage des personnes victimes», soulève Esther Roy, CIUSS Nord-de-l’Île-de-Montréal.

Pour entrer en communication avec les victimes, ils vont distribuer 20 000 napperons comme ceux-ci et 8000 dépliants lors de la Journée internationale de sensibilisation contre les abus envers les aînés, mercredi. Des policiers vont aussi faire du porte-à-porte. L’été dernier, il y a eu 1450 visites et 45 cas ont été référés au CLSC.

«C’est surtout l’abus financier, la négligence et la maltraitance psychologique. C’est souvent des membres de la famille ou de l’entourage», souligne Esther Roy.

10 000$ subtilisés

Le père de Louise Cloutier a aussi été victime d’abus de la part d’une femme qui livrait le journal chez lui.

«Il lui a prêté des sommes d’argent. Elle disait que c’était pour payer des médicaments à sa fille.»

Elle lui aurait subtilisé plus de 10 000 dollars en quelques mois. Quand elle s’en est rendu compte, elle est intervenue auprès de la banque de son père.

«Elle a eu du front tout le tour de la tête. Elle s’est présentée à la banque avec mon père pour lui faire ouvrir un nouveau compte, pour qu’il puisse déposer sa pension dans ce nouveau compte et qu’elle puisse avoir le champ libre, encore une fois», ajoute Louise Cloutier.

Elle a pu récupérer presque la totalité des 10 000 dollars en menaçant la femme de rendre public son stratagème. Mais dans la majorité des cas, les personnes âgées perdent le peu d’argent qu’elles ont réussi à économiser.

-D’après un reportage d’Harold Gagné

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