Je n’étais plus capable de marcher de m’alimenter ou de me laver

Je n'étais plus capable de marcher de m'alimenter ou de me laver

Deux ans après avoir frôlé la mort, une cycliste qui vit au quotidien les séquelles de son accident demande aux vélos et aux automobilistes de redoubler de prudence, à l’occasion du Tour du Silence.

«Mon accident m’a rendue plus alerte et plus consciente du danger», a expliqué Véronique Gagnon-Pouliot, qui invite automobilistes, cyclistes et piétons à participer au Tour du Silence mercredi soir, afin de les sensibiliser à l’importance du partage de la route.

Renversée par une voiture le 9 juillet 2014, à l’entrée du pont Jacques-Cartier, sur la Rive-Sud, elle a subi de multiples fractures lombaires et cervicales, une perforation du poumon, un traumatisme crânien et une hémorragie cérébrale.

«J’avais perdu toute mobilité, je n’étais plus capable de marcher, de m’alimenter ou de me laver», a-t-elle confié.

Loin des pistes achalandées

Après des mois de réhabilitation, elle a remonté sur un vélo dès le printemps suivant, loin des artères avec trop de circulation ou des pistes cyclables trop achalandées.

«Avec les autres vélos qui nous frôlent, les automobilistes impatients ou les piétons qui traversent sans regarder, c’est trop dangereux», plaide la femme, également membre du Club cycliste Cycle Pop, qui privilégie les zones «plus sécuritaires».

Plus vigilant

Comme elle, Guy Brulotte, qui a perdu son fils, Christian, dans un accident de vélo il y a trois ans, redouble aussi de vigilance depuis la tragédie.

«Je choisis les chemins les plus sécuritaires et non les plus courts, a dit l’homme de 72 ans, qui participera mercredi soir au Tour du Silence. Je suis le plus visible possible concernant mon équipement et j’essaye de ne pas être à proximité des gros véhicules à cause des angles morts.»

C’est d’ailleurs un camion qui a renversé Christian Brulotte, 42 ans, au coin des rues Wellington et de la Montagne, le 3 avril 2013.

Retrouver le plaisir

Malgré la perte d’un être cher ou d’importantes séquelles, ils n’abandonnent pas la pratique de leur sport.

Pour reprendre son vélo, Véronique Gagnon-Pouliot reconnaît avoir dû se faire violence. «Même si c’était dur et que je ne me trouvais pas bonne, j’étais persuadée que le plaisir allait revenir, a-t-elle mentionné. Aujourd’hui, je respecte les limites de ma capacité physique, car j’ai perdu une partie de ma motricité et de mon équilibre.»

Quant à M. Brulotte, il est loin d’avoir perdu son enthousiasme. «Ça reste un mode de vie écologique, rapide et excellent pour la santé, a-t-il dit. Oui, il y a des risques, mais malgré les accidents et les décès, le vélo est là pour rester.»

Information: Le Tour du Silence partira de la place d’Armes, dans le Vieux-Montréal, mercredi 18 mai, à partir de 18 h 30.

Décès de cyclistes au Québec

2011 : 17

2012 : 15

2013 : 19

2014 : 11

2015 : 9

Décès de cyclistes à Montréal

2011 : 4

2012 : 5

2013 : 6

2014 : 3

2015 : 3

(Source SAAQ)

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