La chasse à la tourterelle bientôt ouverte

La chasse à la tourterelle bientôt ouverte

La tourterelle triste n’a pas de quoi se réjouir. Ottawa a confirmé son intention de permettre la chasse à cet oiseau de mangeoire au Québec, et ce, dès cet automne.

Le changement au Règlement sur les oiseaux migrateurs, autorisant sa chasse, a été publié le 29 juin dernier dans la Gazette du Canada.

Si la décision d’Ottawa fait le bonheur des chasseurs, elle en exaspère d’autres, dont les ornithologues.

Un porte-parole du Regroupement QuébecOiseaux craint que la tourterelle triste, surtout présente en zones urbaines et en périphérie des villes, représente une cible de choix pour les chasseurs, même si sa viande est peu savoureuse.

«Notre vraie préoccupation est que l’oiseau soit juste une cible. C’est une question de principe. Pourquoi abattre un oiseau si on ne le mange pas’», se questionne Louis Vaillancourt.

La Fédération québécoise des chasseurs et pêcheurs rétorque que la tourterelle triste constitue un gibier «d’une belle valeur» où sa chasse est autorisé, dont en Colombie-Britannique, en Ontario et dans 40 États américains.

«Les chasseurs québécois ont une bonne éthique. Il n’y a pas de raison pour que l’oiseau devienne une simple cible, pour le plaisir du tir», affirme un biologiste de la Fédération, Michel Baril.

Avant d’autoriser la chasse à la tourterelle triste, le Service canadien de la faune d’Environnement Canada assure avoir fait ses devoirs. L’ouverture d’une saison de chasse d’un peu plus de 100 jours ne mettra pas en danger la survie de l’espèce, a analysé le ministère.

Le nombre de prises par jour a été établi à huit, pour un maximum de possession de 24 oiseaux.

«Une évaluation des données à long terme menée par le ministère de l’Environnement a conclu que les tourterelles tristes pouvaient être chassées de manière durable au Québec», justifie le ministère dans son changement au règlement.

Environnement Canada estime que de 12 000 à 24 000 spécimens seront abattus chaque année, sur une population en automne de quelque 988 000 oiseaux.

Mais selon le Regroupement QuébecOiseaux, le fédéral surestime la taille réelle de la population de tourterelles triste.

L’organisme croit que leur nombre a décru de 40% depuis 2005, pour s’établir aujourd’hui à environ 500 000 au Québec.

S’il admet que la chasse ne mettra pas l’espèce en danger de disparition, Louis Vaillancourt craint toutefois qu’elle en accélère la diminution de sa population.

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