La dame en or un téléfilm

La dame en or  un téléfilm

La longue film historique réalisé par Simon Curtis, avec Helen Mirren et Ryan Reynolds, ne est pas dans l’ombre.


Le long métrage historique réalisé par Simon Curtis, mettant en vedette Helen Mirren et Ryan Reynolds, ne fait pas dans la nuance.
Le scénario d’Alexi Kaye Campbell prend résolument parti en faveur de Maria Altmann (Helen Mirren), l’héritière d’une famille juive viennoise qui s’est battue contre le gouvernement autrichien pour récupérer un tableau de Klimt.



Maria Altmann est une vieille femme qui vient d’enterrer sa s’ur au début de La dame en or. Nous sommes alors en 1998. En fouillant dans ses papiers, elle découvre une lettre du musée du Belvédère à Vienne, indiquant qu’ils ne peuvent rendre un tableau ayant appartenu à la famille. Le tableau, c’est le légendaire Portrait d’Adele Bloch-Bauer I, peint par Gustav Klimt en 1907. Et Adele Bloch-Bauer n’est autre que la tante de Maria, morte en 1925 d’une méningite.



L’évocation de cette période trouble Maria, qui se souvient de son enfance et de sa jeunesse (jeune, elle est incarnée par la Canadienne Tatiana Maslany qui s’en tire très bien) avec sa tante. Elle consulte donc Randy Schoenberg (Ryan Reynolds, qui ne fait pas le poids devant Helen Mirren), le fils avocat de l’une de ses amies afin de voir s’il lui serait possible de récupérer le tableau en question.



Or, l’Autriche et le musée du Belvédère n’a aucune intention de rendre la toile, qualifiée de Joconde de l’Autriche. La bataille légale qui suit est impressionnante c’est l’un de ces épisodes de l’histoire à la «David contre Goliath» – et Maria finit par obtenir gain de cause (je vous laisse découvrir en quelles circonstances).



Si la trame narrative se déroule de nos jours, elle est entrecoupée de retour dans le temps détaillant la vie de Maria, son attachement à sa tante et la manière dont la famille a été spoliée de la totalité de ses biens au moment de l’Anschluss (l’annexion de l’Autriche par l’Allemagne d’Hitler). Cette immersion dans cette période permet au spectateur de mesurer toute la colère qui habite encore Maria, son traumatisme d’avoir dû abandonner ses parents à une mort certaine, sa détermination, au début, de demander et d’obtenir réparation et justice.



C’est là, d’ailleurs, que La dame en or perd de son intérêt. Le scénario ayant été tiré des biographies de Maria Altmann et de Randy Schoenberg, nous n’avons droit qu’à un seul côté de la médaille. Les autorités autrichiennes sont démonisées, les responsables du musée du Belvédère apparaissent comme des sans-c’ur déterminés à écraser une pauvre petite vieille fragile et son avocat inexpérimenté, alors que la lutte de Maria est forcément juste, même si elle décide de vendre le tableau à la fin de la longue bataille juridique.



Parce que Maria ne doute pas, ne se pose pas de questions, le long métrage de 111 minutes demeure unidimensionnel. Il n’y a pas de demi-teintes ni de nuances, ce qui fait de La dame en or une espèce de téléfilm, certes agréable, mais téléfilm quand même.



Dommage.

Note: 3 sur 5

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