La députée Sylvie Roy meurt à 51 ans

La députée Sylvie Roy meurt à 51 ans

Les députés de l’Assemblée nationale pleurent le décès d’une femme de «conviction», «droite» et «intègre». Hier soir, Sylvie Roy s’est éteinte à l’âge de 51 ans.

La cause du décès de Mme Roy est pour le moment inconnue. Vers 20 h, hier, un communiqué publié sur la page Facebook de la députée indépendante a confirmé le décès.

«Mme Sylvie Roy a rendu l’âme cet après-midi à l’hôpital de l’Enfant-Jésus de Québec où elle avait été admise au début du mois dernier à la suite d’un sérieux malaise. Depuis, son état n’a cessé de se détériorer», pouvait-on lire.

Elle était mère de deux adolescents, un garçon et une fille. Elle était séparée de son conjoint. Elle est morte «entourée des siens», poursuit le communiqué.

Lutte contre la corruption

Mme Roy était députée à l’Assemblée nationale du Québec depuis 2003. Elle s’était notamment illustrée en étant la première, au Salon bleu, à exiger une commission d’enquête sur la construction, dès 2009.

Originaire de La Tuque, Mme Roy a d’abord travaillé comme avocate avant de se lancer en politique au sein de l’Action démocratique du Québec (ADQ), devenue la Coalition Avenir Québec (CAQ). Elle a représenté la circonscription de Lotbinière, puis d’Arthabaska.

En 2007 et 2008, elle avait été la porte-parole de l’opposition officielle en matière de sécurité publique. Elle avait aussi occupée la fonction de chef intérimaire de l’ADQ entre février et octobre 2009, après le départ de Mario Dumont.

Depuis août 2015, elle siégeait comme indépendante après avoir claqué la porte du parti.

Elle avait alors déclaré qu’elle n’avait jamais été heureuse au sein des troupes de François Legault et qu’elle n’avait jamais eu la place qui lui revenait au parti.

Nombreuses réactions

Le premier ministre Philippe Couillard a présenté ses condoléances à la famille. Il a également souligné l’implication et l’engagement politique de la députée.  

«Depuis plus d’une décennie, Mme Roy a su représenter avec c’ur et passion ses concitoyennes et ses concitoyens», a-t-il déclaré par communiqué.

Le président de l’Assemblée nationale, Jacques Chagnon, a annoncé par communiqué la mise en berne immédiate du drapeau québécois sur la tour centrale de l’hôtel du Parlement.

Sur les réseaux sociaux, de nombreux politiciens se sont dit sous le choc d’apprendre une telle nouvelle. 

Il ont été nombreux à partager leur peine. Plusieurs ont souligné son engagement, sa détermination, son intégrité et sa ténacité.

Une femme qui n’avait pas la langue dans sa poche

Sur son ancien chef, François Legault

«J’ai une autre vision que quelqu’un qui a toujours vécu comme millionnaire sur l’île des S’urs»

À propos de François Bonnardel «qui tentait de l’aider»

«J’ai trouvé ça assez paternaliste, limite macho. […] Venir me dire ce qu’il faut que je fasse dans ma vie. Qu’il s’occupe de son parti et je vais m’occuper de mes affaires»

Au sujet des insultes Norman MacMillan, qui l’a traitée de «grosse crisse»

«Ce n’était pas la première fois qu’il me criait des noms. Il m’a déjà traité de vache, il me crie des noms à peu près chaque fois que je me lève, c’est systématique»

«C’est trop facile d’envoyer une lettre ou un communiqué écrit par un employé. C’est lâche. […] Ce qu’il a dit, c’est enfantin et grossier. C’est très pipi caca.»

Au sujet de la Commission Charbonneau

«Si j’avais écrit un scénario comme celui-là et que je l’avais envoyé à des réalisateurs, on m’aurait dit que c’était de la science-fiction»

La question en chambre qui a ébranlé le parti libéral sur la collusion

«Est-ce que le ministre de la Sécurité publique, dans ses vérifications, a appris que le premier ministre sait qu’il y a trois ministres qui ont été sur le bateau d’Accurso’»

À propos du registre des armes à feu

«Le fait qu’il y a ou non un numéro sur l’arme, ça ne la rend pas plus ou moins dangereuse. C’est la personne qui l’utilise à mauvais escient qui est dangereuse.»

«Il y a des personnes qui se suicident au moyen d’un accident de voiture tout en entraînant dans la mort d’autres personnes. On n’interdira pas les voitures pour ça.»

Ce qu’ils ont dit

«On parle d’une personne très active à l’Assemblée nationale, qui avait une voix forte. Chaque fois qu’on se jasait, c’était quelqu’un qui essayait de régler les problèmes des gens dans son comté. Elle défendait tout le monde et était au diapason de ces gens-là.» Nicolas Marceau 

«Sylvie Roy a été tout le long de son passage parmi nous une battante. C’était une passionnée, qui était proche des gens, et qui n’avait pas peur de se battre pour ses idées.» François Legault

«Une des voix les plus fortes du Québec contre la corruption nous a quitté. Merci pour tout Sylvie Roy.» Jean-François Lisée

«Sylvie Roy a été une battante. Elle laissera sa marque en politique québécoise.» Amir Khadir

«À 51 ans, élue cinq fois, Sylvie Roy aura marqué la politique par son engagement et sa détermination.» Gérard Deltell

«Bouleversée par le décès de notre collègue Sylvie Roy, une députée dédiée et déterminée. Condoléances à sa famille et ses proches. Courage.» Véronique Hivon

Dates importantes

1987

Elle obtient son diplôme en droit de l’Université Laval. Elle est membre du barreau depui 1988.

1988 à 2003

Exerce le métier d’avocate en pratique privée.

1999 à 2003

Mairesse de Sainte-Sophie-de-Lévrard dans le Centre-du-Québec.

2003

Élue députée de la circonscription de Lotbinière aux élections provinciales d’avril. Réélue dans cette même circonscription en 2007 et 2008.

2012

Élue dans la circonscription d’Arthabaska le 4 septembre après l’entrée en vigueur d’une nouvelle carte électorale. Réélue dans cette même circonscription en avril 2014.

2015

En août, elle quitte le caucus de la CAQ pour siéger comme indépendante. Son chef, François Legault, avait affirmé qu’elle ne faisait plus son travail de députée et qu’elle avait des problèmes de comportement.

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